M. Guy Bourgouin
Écoute, quand j’ai écouté l’énoncé économique de l’automne—puis c’est sûr, à toutes les fois que j’écoute un énoncé, je me demande ce qu’on va voir pour le nord de l’Ontario? Aussi, les dépenses provinciales doivent être évaluées en fonction des services offerts à la population et des possibilités de l’économie réelle. Monsieur le Président, lorsque nous examinons un énoncé économique, nous devons regarder au-delà des chiffres et nous demander ce qu’il signifie réellement pour les gens que nous représentons. Je vais parler de quelques points, mais je vais élaborer beaucoup plus à mesure qu’on avance. Que signifie cet énoncé pour un travailleur forestier qui s’inquiète de l’avenir de son usine? Que signifie cet énoncé pour les jeunes familles de Kapuskasing, de Hearst ou de Moosonee qui peuvent à peine trouver un logement abordable? Que signifie cet énoncé pour une personne âgée qui doit parcourir des centaines de kilomètres pour consulter un médecin spécialiste? Et que signifie cet énoncé pour les communautés des Premières Nations qui continuent à faire face à d’importants défis en matière d’infrastructure et de logement, ou d’aéroports sur la réserve? Comme vous le savez, monsieur le Président, ils sont la responsabilité de la province. Je veux parler de quelques principaux chiffres budgétaires tirés du document d’information : dépense totale des programmes, c’est 247 milliards de dollars; un déficit prévu pour 2026-2027 de 16,9 milliards de dollars, soit une augmentation de 3,1 milliards de dollars par rapport au budget du printemps; un taux de chômage prévu de 7,2 %; le retour prévu à l’équilibre budgétaire a été repoussé à 2029-2030, puis on sait qu’ils l’ont repoussé. Ce n’est pas la première fois qu’ils le repoussent. Ça, c’est des chiffres énormes. Parce que là, comme c’est là, la manière qu’on s’en va avec ce gouvernement-là, c’est qu’on va effacer les 500 milliards de dollars en province. C’est la plus grande dette qu’on a jamais vue en Ontario. Notre reconnaissance que l’Ontario traverse une période d’incertitude économique—mais l’énoncé économique doit faire plus que présenter des prévisions financières. Il doit démontrer comment le gouvernement attend protéger les emplois, améliorer les services essentiels et répondre aux pressions financières auxquelles font face les familles ontariennes. Monsieur le Président, on ne peut pas mettre de côté ce que le gouvernement a fait—reculons un peu dernièrement. Toutes les questions qu’on peut se poser avec l’abus de l’argent des contribuables—on vient encore d’apprendre pour le RAFEO. Comme c’est là, on apprend qu’il y a, quoi, près de 1 milliard de dollars qui était donné à trois collèges privés. On a vu que c’est un gouvernement qui se dit tellement responsable des payeurs de taxes qu’ils se sont permis d’acheter un jet privé pour le premier ministre dans un ministère des Richesses naturelles qui n’a même pas rapport avec ça, puis qu’on a eu les feux qu’on a vu tout l’été. Ils nous disent que, « Oh, non, » une fois qu’ils se sont fait pogner les culottes à terre, si je peux user le terme, « on leur a retourné puis ça nous a coûté près de 200 000 piastres. » Ça, c’est ce qu’ils nous disent, Monsieur le Président. Mais on est certain que ça a coûté beaucoup plus cher que ça. Ils sont tellement responsables qu’ils ont fait certain que l’accès à l’information est rendu beaucoup plus difficile pour les Ontariens, beaucoup plus difficile pour des députés comme nous. Mais ils n’ont rien à cacher; il n’y a rien à voir là. On a vu dans le ministère du Travail qu’ils ont donné 10 millions de dollars à un centre de danseuses, un salon de danseuses. Puis on se dit responsable des fonds des contribuables. On se dit qu’on fait un bon travail. On a le Cabinet le plus gros qui a jamais existé. On a des députés qui se permettent de prendre des chambres de motel, faire la grosse vie sur le dos des contribuables. Mais on est responsable financièrement. Voyons donc, il n’y a rien à voir là. Je peux vous dire que ce n’est pas si rose que ça. C’est bien beau dire que vous êtes responsables, on fait la bonne chose pour la province—tout ce que je viens de décrire, ce n’est pas la bonne chose. On a vu un gouvernement au Québec qui vient de se faire élire. Ils ont fait un petit Cabinet. Il y a des députés qui ont deux à trois portfolios. Il y a-tu du mal avec ça quand on est dans un temps difficile? C’est bon dire que oui, on a les États-Unis. Oui, Donald Trump, c’est problématique. It faut le reconnaître que c’est problématique, en passant. Je le reconnais que c’est problématique. Mais tu ne peux pas mettre toute la faute sur le dos. Ce que je viens de nommer, c’est de l’abus du pouvoir d’un gouvernement qui est majoritaire puis pense qu’il est blindé puis peut faire ce qu’il veut. Puis il se faire pogner, puis après ça il dit qu’on est responsable—je m’excuse, ce n’est pas de la responsabilité, ça. C’est de l’abus du pouvoir puis c’est géré avec l’argent des contribuables. Puis ils disent : « Oh non, on ne lève pas les taxes des autres. Mais non, on ne mettra pas de taxes supplémentaires sur les Ontariens. » Eh non, ils se virent de bord, puis ils prennent les responsabilités de la province puis ils les donnent au municipal. Puis les municipalités qui ont de la difficulté à y arriver, à mettre les deux bouts ensemble, les autres, qu’est-ce qu’ils font? Lever les taxes des contribuables. Monsieur le Président, chaque personne, on est des contribuables. On paye des taxes; que ça soit provincial, que ça soit municipal ou que ça soit fédéral, c’est la même personne. La province dit : « On ne lève pas les taxes. » Mais on prend nos responsabilités de la province, puis on les donne aux municipalités. L’affaire que je ne comprends pas, monsieur le Président, c’est que c’est plein d’anciens maires de l’autre bord de la Chambre. Quand ils étaient maires, ils disaient qu’il faut que la province reprenne leurs responsabilités provinciales. C’est la bonne chose à dire, absolument. C’est ça qui devrait arriver. Ce qui appartient à la province devrait rester à la province. Mais maintenant qu’ils sont rendus des ministres ou maintenant qu’ils sont rendus des assistants parlementaires et maintenant qu’ils sont au gouvernement, on n’en parle plus. Mais c’est encore un problème pour les municipalités. On a vu Fauquier, une petite municipalité qui a de la misère et qui a été quasiment en banqueroute, puis M. le ministre a fait sa job. Il les a sortis de la misère—puis ce n’est pas sorti encore de la misère. Mais il y en a d’autres municipalités qui en arrachent aussi, puis les services continuent à être coupés, puis continuent à être coupés, puis les taxes continuent à monter. Parce qu’elles sont obligées de payer pour la police, obligées de payer pour les ambulances, obligées de payer pour le « DSSAB », sont obligées de payer—toutes des responsabilités qui appartiennent à la province. Mais qu’on dit, nous autres, la province : « Bien non, bien non, on gère bien la province. » On est capable de faire des scandales financiers, puis on est capable—on ne lèvera pas les taxes. Des centaines, des millions, des milliards de dollars qui ont été contribués, qui ont été mis, qui ont été pris, puis qui se sont fait pogner, puis qu’encore c’est une controverse. Puis, ils disent qu’ils gèrent bien? Mais je m’excuse, on n’a pas la même définition. On n’a pas la même définition de gérer l’argent des contribuables, parce que c’est une honte de traiter les contribuables de la façon que vous le faites. Puis là on met ça sur les États-Unis ou on met ça sur l’ancien gouvernement. Ça fait quoi? Vous êtes à votre troisième mandat; vous êtes majoritaires. Puis, c’est scandale après scandale : la ceinture de verdure; on l’a vu dans le ministère du Travail; là on le voit dans le RAFEO, et ça continue. Puis, on a 2 000 personnes qui sont dans les corridors pour se faire soigner. Puis, vous dites que ça va bien en Ontario, qu’il n’y a rien à voir ici. Ils ont fait un travail exemplaire; il n’y a rien à voir. « Non, non, on gère. On ne montera pas vos taxes. » Moi, j’ai une de mes soeurs qui a perdu un rein à cause qu’elle n’a pas été capable d’avoir un appointement. Elle a demandé pour son appointement; c’était repoussé. Elle a demandé un spécialiste; c’était repoussé. Quand c’était le temps de son opération, ils étaient après de l’opérer et ils ont été obligés de lui retirer un rein à cause qu’il n’y avait pas assez de temps. Elle n’a pas été capable d’avoir un appointement au temps nécessaire. Puis on lui a dit : « Écoute, je n’ai pas été capable de sauver ton rein. Ça a trop pris de temps avant de te faire opérer. » Est-ce normal, ça, en Ontario? Quand je dis, là, j’ai été une personne qui était dans le corridor, là. Je l’ai vécu, ça. Je ne sais pas si vous autres vous l’avez vécu, mais moi je l’ai vécu. J’ai pogné une appendicite à Toronto; je me suis ramassé dans un lit dans un corridor. J’ai demandé à l’infirmière de prendre une photo, parce que je lui ai dit : « Je suis un député et puis je veux faire certain que Doug Ford va le savoir. » Non, mais, dans quelle province? On est la province la plus riche. Puis on a des étudiants qui vont faire—et en passant, la jeunesse et les étudiants sont notre plus grande richesse. Ce n’est pas l’or. Ce qu’on entend, quand le ministre parlait, le plus grand c’est les minéraux—ce n’est pas les minéraux. C’est notre prochaine génération qui est la plus importante, parce que notre prochaine génération, c’est eux autres qui vont s’occuper de nous; qui vont s’occuper de notre province; qui vont faire certains que notre province ait du succès, qu’elle soit profitable et puis qu’elle va être capable de soutenir—la province qu’on veut. Mais ce n’est pas en coupant dans leurs services ou en coupant dans leurs prêts qu’on va faire ça, monsieur le Président. Je suis encore parti, là. J’aurais dû continuer à lire mes notes-là, mais c’est plus fort que moi. Quand je m’embarque là-dedans, je pars et puis j’oublie de suivre mes notes. Mais pour le nord de l’Ontario, ces questions sont particulièrement urgentes. Un des exemples les plus frappants, c’est celui de l’industrie forestière. Moi, je viens de l’industrie forestière, un peu comme le ministre vient des mines. Mais moi, je viens de l’industrie forestière, qui constitue le fondement économique de nombreuses communautés du nord de l’Ontario. On ne le réalise pas, mais l’industrie forestière engage près de 154 000 emplois à travers la province. C’est 3 milliards de dollars par année de revenu en taxes. L’industrie paye à peu près de 110 millions de dollars à 270 millions de dollars en « crown dues », comme ils s’appellent. Ce sont des frais à la province. Le monde ne sait peut-être pas ça, mais l’industrie forestière gère 28 millions d’hectares. Il faut reconnaître que l’industrie forestière que nous avons est la meilleure au monde. Je suis convaincu que nous avons la meilleure industrie au monde. Ils font un travail exemplaire et il faut le reconnaître. Mais aussi, notre industrie est surtaxée. Comme c’est là, vous ne le savez peut-être pas, mais 3,5 milliards de dollars, ou bien donc 47 % de tous les produits de l’Ontario qui sont exportés sont sujets à des mesures de tarifs, et de longue durée, en plus—des disputes de longue durée sur notre industrie forestière en Ontario. C’est le secteur qui est le plus impacté par tous les tarifs—plus que les mines, plus que l’aluminium, le fer ou l’automobile. C’est le secteur qui est le plus surtaxé et le plus impacté avec les choses. Mais, c’est drôle, elle n’est pas supportée pareillement comme l’industrie des mines. C’est dur. On l’entend de temps en temps; ils vont mentionner l’industrie forestière dans leurs discours. Mais ce qu’on entend, c’est l’automobile, les mines, les produits des minéraux critiques et le fer. L’industrie forestière, des fois, rentre dans le portrait. Pourtant, on parle de—j’ai dit quoi—150 000 jobs.
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