Loi sur l'eau propre des Premières Nations

Titre complet:
Loi concernant l'eau, les sources d'eau, l'eau potable, les eaux usées et les infrastructures connexes sur les terres des Premières Nations

Résumé#

Le projet de loi C-37 (Loi sur l'eau potable des Premières Nations) établit des règles nationales pour l'eau, l'eau de source, l'eau potable, les eaux usées et les systèmes connexes sur les terres des Premières Nations. Il affirme que les Premières Nations ont le droit d'élaborer et d'appliquer leurs propres lois sur l'eau. Il fixe des normes minimales pour l'eau potable sécuritaire, la quantité d'eau et les eaux usées. L'objectif général est d'assurer un accès fiable à de l'eau propre et à un traitement adéquat des eaux usées, et de combler des lacunes de longue date.

Changements clés :

  • Affirme la compétence des Premières Nations pour élaborer, administrer et appliquer des lois sur l'eau et les eaux usées sur leurs terres, et dans des « zones de protection » convenues à proximité de leurs terres.
  • Fixe des normes minimales : l'eau potable doit répondre à au moins des lignes directrices fédérales ou des normes provinciales/territoriales (choix de la Première Nation) ; les effluents des eaux usées doivent répondre à au moins des normes fédérales ou provinciales/territoriales ; la quantité d'eau doit répondre aux besoins de la communauté (y compris la protection contre les incendies).
  • Exige que le ministre fédéral co-développe un cadre de financement basé sur les besoins avec les Premières Nations et qu'il fasse des « meilleurs efforts » pour financer des services comparables à ceux des communautés non autochtones.
  • Crée des voies pour la protection de l'eau de source par le biais d'accords entre les Premières Nations, le Canada et les provinces/territoires ; exige que le ministre définisse les « zones de protection ».
  • Permet aux lois des Premières Nations de prévaloir sur la plupart des autres lois fédérales en cas de conflit (avec des exceptions énumérées, telles que les principales lois fédérales sur l'environnement) ; les lois des Premières Nations peuvent également exclure l'application des règlements fédéraux sur l'eau sur leurs terres.
  • Commence à travailler à la création d'une Commission de l'eau dirigée par les Premières Nations pour soutenir la surveillance, les conseils et la coordination ; exige des rapports publics annuels et quinquennaux.
  • Fournit des protections de responsabilité (immunité) pour les employés des Premières Nations agissant de bonne foi et fixe des conditions sur la responsabilité gouvernementale liée au financement « meilleurs efforts ».

Ce que cela signifie pour vous#

  • Organismes de gouvernance des Premières Nations

    • Peuvent adopter, administrer et appliquer leurs propres lois sur l'eau et les eaux usées sur les terres des Premières Nations. Doivent publier ces lois (site web et Gazette des Premières Nations).
    • Peuvent étendre leur compétence en matière d'eau aux « zones de protection » adjacentes si la Première Nation, le Canada et la province/territoire s'accordent sur le fonctionnement des lois ensemble.
    • Peuvent choisir si les normes minimales pour l'eau potable et les eaux usées suivent les repères fédéraux ou les normes de la province/territoire. Si aucun choix n'est fait, le ministre doit travailler avec la Première Nation pour appliquer celle qui est la plus élevée.
    • Peuvent exclure les règlements fédéraux sur l'eau de l'application sur leurs terres si leur propre loi couvre le domaine (les normes minimales s'appliquent toujours).
    • Peuvent conclure des accords avec le Canada et avec les gouvernements provinciaux/territoriaux/municipaux sur le financement, l'administration, l'application, les services et la protection de l'eau de source. La délégation à d'autres gouvernements ou organismes publics/à but non lucratif est autorisée si ceux-ci consentent.
    • Co-développeront un cadre de financement avec le ministre qui prend en compte les coûts en capital, d'exploitation et d'entretien, de surveillance, d'application, de rapport, juridiques et d'éloignement, de gouvernance, de capacité, d'assurance et de normes comparables.
    • Recevront un soutien pour accéder à des informations sur l'assurance concernant les risques et les primes pour les systèmes d'eau.
    • La Charte canadienne des droits et libertés s'applique lors de l'exercice de cette compétence.
  • Résidents, occupants et utilisateurs de bâtiments sur les terres des Premières Nations

    • L'eau potable (provenant de systèmes publics ou privés sur les terres des Premières Nations) doit répondre à au moins la norme de qualité minimale choisie. Les eaux usées doivent répondre à au moins la norme minimale d'effluent choisie.
    • La quantité d'eau doit être suffisante pour la consommation, la cuisine, l'hygiène, l'assainissement, la sécurité, la protection contre les incendies, les urgences et les besoins culturels/spirituels, en fonction de l'utilisation actuelle et future.
    • Le ministre doit faire des « meilleurs efforts », en coopération avec chaque Première Nation, pour garantir l'accès à de l'eau potable propre et sécuritaire sur les terres des Premières Nations.
  • Opérateurs et personnel des systèmes d'eau sur les terres des Premières Nations

    • Peuvent faire face à de nouvelles exigences par le biais des lois des Premières Nations ou des règlements fédéraux concernant la formation et la certification, la gestion des actifs, la surveillance, le rapport, la santé et la sécurité au travail, la planification d'urgence, les permis et l'assurance.
    • Pourraient faire face à des pénalités pour non-conformité en vertu des lois des Premières Nations ou des règlements fédéraux.
  • Provinces, territoires et municipalités

    • Peuvent conclure des accords avec le Canada et les Premières Nations sur la protection de l'eau de source, les services et l'application. Si un accord entre le Canada et une province/territoire/municipalité pourrait affecter une Première Nation, cette Première Nation doit être partie ou être consultée.
    • Les normes provinciales/territoriales peuvent s'appliquer sur les terres des Premières Nations si choisies par la Première Nation, ou si elles sont plus élevées lorsque aucun choix n'est fait.
  • Entreprises et organisations sur les terres des Premières Nations

    • Les systèmes d'eau privés sur les terres des Premières Nations doivent répondre aux mêmes normes minimales que les systèmes publics et peuvent être soumis à des permis, à la surveillance et à l'application en vertu des lois des Premières Nations ou des règlements fédéraux.
  • Calendrier

    • La Loi entre en vigueur un an après avoir reçu la sanction royale. Certaines consultations et étapes de co-développement ont des délais spécifiques après cela.

Dépenses#

Aucune information publique disponible sur le coût total.

  • Le gouvernement du Canada doit faire des « meilleurs efforts » pour fournir un financement basé sur les besoins afin que les Premières Nations reçoivent des services comparables à ceux des communautés non autochtones ; les montants exacts ne sont pas précisés.
  • Le Canada doit respecter les engagements de financement liés au règlement de 2021 sur les avis d'eau potable à long terme, au moins au niveau des « dépenses d'engagement » mentionnées dans cet accord.
  • Des coûts continus sont probables pour : co-développer et gérer le cadre de financement ; créer et appliquer des normes et des règlements ; consultations ; rapports ; et soutenir des accords sur l'eau de source et les services.
  • Le ministre doit faire des meilleurs efforts pour fournir un financement durable pour une Commission de l'eau dirigée par les Premières Nations ; les montants ne sont pas précisés.
  • Les gouvernements des Premières Nations, les opérateurs et les propriétaires de systèmes privés peuvent faire face à des coûts de conformité (formation, surveillance, gestion des actifs, assurance). La Loi envisage un financement fédéral censé être adéquat, stable et basé sur les besoins, mais ne fixe pas de montants en dollars.

Point de vue des partisans#

  • Le projet de loi semble destiné à combler des lacunes de longue date en établissant des normes minimales claires pour l'eau potable sécuritaire, une quantité d'eau adéquate et un traitement approprié des eaux usées sur les terres des Premières Nations.
  • Il affirme l'autonomie des Premières Nations sur l'eau, permettant aux nations d'écrire et d'appliquer leurs propres lois et de coordonner la protection de l'eau de source au-delà des limites de la réserve.
  • Co-développer un cadre de financement basé sur les besoins pourrait améliorer la prévisibilité et l'adéquation du financement, y compris pour les coûts plus élevés dans les communautés éloignées et pour l'exploitation et l'entretien des systèmes.
  • Aligner les décisions avec la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, et exiger la transparence et le rapport, pourrait améliorer la responsabilité et la confiance.
  • Une Commission de l'eau dirigée par les Premières Nations pourrait aider avec un soutien technique, la surveillance, des conseils juridiques et le partage des meilleures pratiques entre les communautés.

Point de vue des opposants#

  • Une préoccupation est que de nombreux devoirs utilisent « meilleurs efforts », ce qui peut ne pas garantir des niveaux de financement spécifiques ou des délais pour les mises à niveau et les opérations.
  • Le projet de loi repose sur de futures lois des Premières Nations, des accords et des règlements fédéraux pour établir de nombreux détails (formation, application, permis, pénalités, assurance). Tant que ceux-ci ne sont pas en place, les impacts pratiques sont incertains.
  • Les protections de responsabilité (immunité) pour les actions de bonne foi et les conditions sur la responsabilité gouvernementale peuvent limiter les options juridiques pour les personnes lésées par des défaillances dans les services d'eau.
  • Permettre aux Premières Nations de choisir entre les normes fédérales ou provinciales/territoriales, et de varier les normes selon l'emplacement, pourrait conduire à des règles inégales à travers le pays. Le rôle du ministre dans le choix de la norme « la plus élevée » si aucun choix n'est fait pourrait également soulever des questions sur la cohérence et le processus.
  • L'utilisation de « zones de protection » dépend des accords avec les provinces/territoires et le Canada. Si les accords sont difficiles à atteindre, l'eau de source en dehors des terres des Premières Nations pourrait rester à risque.
  • La Loi entre en vigueur un an après la sanction royale, et les cadres et règlements clés ont des délais ultérieurs. Cela pourrait retarder les changements sur le terrain.