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Révision des réservoirs souterrains et des pipelines

Titre complet:
Loi modifiant principalement la Loi sur le stockage de gaz naturel et sur les conduites de gaz naturel et de pétrole aux fins d’encadrer les réservoirs souterrains et certaines conduites

Résumé#

  • Le projet de loi 17 réécrit les règles du Québec concernant l'utilisation des réservoirs souterrains et de certains pipelines. Son objectif est de soutenir la transition énergétique tout en protégeant les personnes, les biens et l'environnement.

  • Il ne rouvre pas l'exploration ou la production de pétrole et de gaz. Ces activités restent interdites en vertu d'une loi distincte.

  • Changements clés :

    • Crée un nouveau système de licence pour rechercher et utiliser des réservoirs souterrains et certains fluides naturels (autres que l'eau), tels que l'hydrogène, ou pour stocker un fluide sous terre (par exemple, le carbone).
    • Indique que les réservoirs souterrains et les fluides naturels sous le sol (autres que l'eau) appartiennent au gouvernement du Québec.
    • Établit des normes de sécurité, environnementales, de fermeture et de restauration des sites, avec des garanties financières que les entreprises doivent fournir.
    • Rend publics la plupart des documents que les entreprises déposent auprès du ministère, avec des exceptions limitées prévues par règlement.
    • Protège les villes et les zones naturelles : les projets ne sont pas autorisés à l'intérieur des périmètres urbains ou des zones protégées, avec des exceptions étroites (pour la surveillance ou les réparations d'urgence).
    • Crée un processus formel pour résoudre les conflits entre les projets de réservoirs et les revendications minières.
    • Limite les nouvelles autorisations en vertu de cette loi aux pipelines pétroliers ; les pipelines de gaz existants construits avant 2018 restent couverts.
    • Permet des projets pilotes gérés par le gouvernement pour tester de nouvelles méthodes et technologies sous des conditions strictes.

Ce que cela signifie pour vous#

  • Résidents et propriétaires fonciers

    • La province possède les réservoirs souterrains et les fluides naturels sous votre terre (pas l'eau). Une entreprise a besoin d'une licence provinciale pour les explorer ou les utiliser.
    • Pour les terres privées, les entreprises ont besoin de votre autorisation écrite pour y accéder. Si les négociations échouent et qu'il s'agit d'un projet d'exploitation, le gouvernement peut autoriser l'expropriation (avec compensation) afin que les travaux puissent se poursuivre.
    • Si une entreprise souhaite acheter une maison ou une ferme sur des terres agricoles pour un projet, elle doit payer vos frais de négociation professionnels raisonnables, jusqu'à 10 % de la valeur estimée de la propriété.
    • Vous et votre municipalité devez être informés lorsqu'une licence est délivrée et avant le début des travaux.
    • En cas de fuite ou d'autre risque pour la santé, les biens ou l'environnement, des travaux d'urgence peuvent être effectués sur le terrain pour y remédier. Le terrain doit être restauré par la suite.
  • Personnes vivant à proximité de projets potentiels

    • Les projets sont interdits à l'intérieur des périmètres urbains officiels et des zones protégées, sauf si le ministre autorise une surveillance ou des travaux de réparation limités.
    • Les règles de sécurité, de fermeture de site et de restauration sont obligatoires. Des garanties financières sont requises, afin que le public ne soit pas laissé avec les coûts de nettoyage.
    • Vous pouvez consulter les licences, les autorisations et de nombreux dépôts d'entreprises dans un registre public.
  • Municipalités et municipalités régionales de comté (MRC)

    • Vous recevrez des avis concernant les licences et les travaux à venir.
    • Si le ministre fixe des conditions d'utilisation des terres pour un projet, vous devez aligner vos documents de planification et pouvez utiliser des mesures de contrôle intérimaires.
    • Les périmètres urbains sont automatiquement exclus de ces activités. Les MRC peuvent demander au ministre de lever ou de rétablir ultérieurement cette exclusion pour des zones spécifiques.
    • Dans certains cas prévus par règlement provincial, des règles municipales peuvent bloquer les travaux. La province décide quand cela s'applique.
  • Entreprises et promoteurs

    • Vous avez besoin d'une licence pour :
      • Rechercher des réservoirs souterrains ou des fluides naturels (autres que l'eau).
      • Utiliser un réservoir pour stocker un fluide (par exemple, le carbone).
      • Extraire certains fluides naturels (autres que l'eau) trouvés sous terre.
    • Vous devez respecter des engagements de travail minimum ou payer une compensation, suivre des normes techniques, sécuriser et restaurer les sites, et fournir des garanties financières.
    • La plupart des dépôts deviennent publics. Le ministre peut également exiger que vous maximisiez les avantages économiques au Québec.
    • Si votre zone chevauche un droit minier, vous pourriez avoir besoin d'un accord. Si les négociations échouent, un décideur externe peut imposer des conditions afin que les deux activités puissent se poursuivre.
    • Les nouvelles règles sur les pipelines en vertu de cette loi ne s'appliquent qu'aux pipelines pétroliers. Les pipelines de gaz construits ou utilisés avant le 20 septembre 2018 restent couverts par l'ancien chapitre.
    • Des projets pilotes peuvent être autorisés pour une durée maximale de cinq ans (prolongeable de deux) pour tester des innovations, avec des règles adaptées qui doivent néanmoins protéger la santé, la sécurité et l'environnement.
  • Mineurs et entreprises de ressources

    • Vous pourriez être tenu de conclure des accords avec les titulaires de licences de réservoir avant certains travaux.
    • Si vous ne parvenez pas à un accord, un décideur externe peut imposer des conditions. Les décisions sont contraignantes et exécutoires.
  • Environnement et sécurité publique

    • Le ministre doit surveiller les anciens sites de stockage de carbone après la fin des licences et la fermeture complète.
    • En cas d'urgence (comme des fuites), les réparations nécessaires peuvent être effectuées même dans des zones autrement restreintes, avec des avis aux ministres de l'environnement responsables et un devoir de réparer tout dommage.

Dépenses#

Aucune information disponible publiquement.

Point de vue des partisans#

  • Aide à la transition énergétique en permettant un stockage sûr du carbone et des utilisations souterraines d'hydrogène ou d'autres énergies propres.
  • Remplace un patchwork de règles par des licences, des normes et une supervision claires, ce qui peut attirer des investissements et créer des emplois.
  • Fortes garanties : garanties financières, règles strictes de fermeture et de restauration, et pouvoirs ministériels pour ordonner des réparations.
  • La transparence améliore la confiance : la plupart des documents et décisions des entreprises sont publiés dans un registre public.
  • Protège les communautés et la nature en excluant les périmètres urbains et les zones protégées, tout en permettant aux municipalités d'être informées et d'aligner leurs plans d'utilisation des terres.
  • Les outils de résolution des conflits réduisent les retards lorsque les projets se chevauchent avec des revendications minières.

Point de vue des opposants#

  • Préoccupations concernant les risques environnementaux : des fuites possibles, des impacts sur les eaux souterraines ou une responsabilité à long terme liée au stockage souterrain (en particulier du carbone) pourraient incomber au public.
  • Droits des propriétaires fonciers : la propriété de l'État sur les ressources souterraines et l'expropriation possible peuvent sembler intrusives, même avec compensation.
  • L'autorité municipale est limitée : la province décide quand les règles locales peuvent bloquer des projets et peut autoriser certains travaux même dans des zones exclues.
  • Les projets pilotes peuvent fonctionner sous des règles différentes, ce qui inquiète les critiques qui craignent que cela puisse affaiblir les protections normales.
  • Charge administrative et coûts pour les municipalités pour ajuster la planification et superviser les avis sans financement dédié.
  • Le maintien des autorisations de pipelines pétroliers peut être perçu comme un prolongement de l'infrastructure des combustibles fossiles.