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Les cliniques privées s'étendent; les médecins gagnent en flexibilité.

Titre complet:
Loi retirant des freins à l’efficacité du système de santé

Résumé#

Ce projet de loi vise à supprimer des règles que le promoteur dit ralentir le système de santé du Québec. Il donne aux médecins plus de liberté pour travailler à l'intérieur ou à l'extérieur du régime public et permet aux cliniques chirurgicales privées d'élargir leurs services.

Changements clés :

  • Met fin à la règle selon laquelle les médecins doivent effectuer des « activités médicales particulières » (comme des quarts de travail assignés aux urgences ou d'astreinte dans le système public) pour conclure des ententes avec le ministre de la Santé.
  • Cesse d'utiliser des plans de dotation à l'échelle provinciale et au niveau des hôpitaux qui déterminent où et combien de médecins peuvent travailler.
  • Crée un nouveau statut de « pratique mixte » afin qu'un médecin puisse travailler en partie dans le régime public et en partie à l'extérieur (paiement privé). L'agence d'assurance publique fixera les conditions exactes par règlement.
  • Abroge une loi qui exigeait des médecins qu'ils obtiennent la permission de Santé Québec avant de pratiquer en dehors du régime d'assurance public.
  • Autorise des centres médicaux spécialisés « mixtes » (cliniques chirurgicales privées) et supprime les limites sur leur nombre de lits et le plafond de 24 heures sur les séjours à l'hôpital.
  • Permet au gouvernement d'exiger des étudiants en médecine venant de l'extérieur du Québec de signer un accord de retour de service (jusqu'à 4 ans) pour travailler dans une région ou un établissement spécifié s'ils pratiquent ensuite au Québec.
  • Les ententes existantes liées aux anciennes règles prendront fin dans les 3 mois suivant l'entrée en vigueur de la loi. La loi doit entrer en vigueur au plus tard un an après son adoption.

Ce que cela signifie pour vous#

  • Patients

    • Vous pourriez voir plus d'options chirurgicales privées, y compris des séjours de nuit, dans des centres médicaux spécialisés (cliniques privées qui effectuent des chirurgies et des traitements avancés).
    • Les temps d'attente pour certaines procédures pourraient diminuer si davantage de chirurgies sont transférées vers ces centres. Si vous choisissez un médecin ou une clinique en dehors du régime public, vous devrez payer de votre poche.
    • La disponibilité des médecins pourrait varier selon les régions et les hôpitaux, car le gouvernement n'utiliserait plus de plans de dotation stricts ni n'exigerait certains quarts de travail publics.
  • Médecins et autres professionnels de la santé

    • Plus de liberté pour diviser le travail entre le régime public et le paiement privé (pratique mixte), sous réserve des règles établies par l'agence d'assurance publique.
    • Aucune obligation d'effectuer des « activités médicales particulières » assignées pour participer à des ententes avec le ministre de la Santé.
    • Moins de pénalités liées au statut de participation et les plans de dotation sont supprimés dans plusieurs lois.
    • Si vous avez étudié la médecine en dehors du Québec, on pourrait vous demander de signer un accord de retour de service (avec une clause de pénalité) pour travailler jusqu'à quatre ans dans une région ou un établissement déterminé si vous pratiquez au Québec.
  • Hôpitaux et cliniques

    • Les hôpitaux publics perdent des outils de planification de dotation qui fixent des quotas et la répartition des médecins. Le recrutement et la planification pourraient devenir plus flexibles mais aussi moins prévisibles.
    • Les centres médicaux spécialisés peuvent s'agrandir (plus de lits, séjours prolongés). Les centres où des médecins participant, non-participant et en pratique mixte travaillent ensemble seront autorisés (centres « mixtes »).
    • Les tâches administratives liées à l'élaboration et au suivi des plans de dotation sont réduites ou éliminées.
  • Communautés rurales, nordiques et autochtones

    • Plusieurs règles liant la dotation aux plans régionaux sont supprimées dans les lois qui s'appliquent aux services inuits, naskapis et cris. Cela pourrait changer la façon dont les médecins sont affectés à ces régions.

Dépenses#

Aucune information disponible publiquement.

Point de vue des partisans#

  • Réduire la bureaucratie accélérera l'accès aux soins et réduira le travail administratif pour les médecins et les gestionnaires.
  • Permettre aux centres chirurgicaux privés d'ajouter des lits et de garder des patients la nuit augmentera la capacité et aidera à réduire les arriérés chirurgicaux.
  • La pratique mixte aidera à retenir et attirer des médecins en leur offrant de la flexibilité, tout en leur permettant de servir dans le système public.
  • Mettre fin aux plans de dotation stricts et aux quarts de travail spéciaux obligatoires réduira l'épuisement professionnel et permettra aux équipes locales d'organiser le travail plus efficacement.
  • Le retour de service pour les étudiants hors province peut aider à placer des médecins là où ils sont le plus nécessaires.

Point de vue des opposants#

  • Permettre la pratique mixte public-privé pourrait attirer des médecins et des infirmières vers le travail privé, aggravant les temps d'attente dans le système public.
  • Supprimer les « activités médicales particulières » requises pourrait réduire la couverture pour les urgences, les soins de longue durée ou d'autres services difficiles à pourvoir.
  • Mettre fin aux plans de dotation pourrait aggraver la distribution des médecins, en particulier dans les communautés rurales, nordiques et autochtones.
  • L'expansion des centres chirurgicaux privés (plus de lits et séjours de nuit) pourrait siphonner le personnel et les ressources des hôpitaux publics et créer un accès à deux vitesses basé sur la capacité de payer.
  • Abroger les exigences de permission et assouplir les pénalités pourrait affaiblir la capacité du gouvernement à s'assurer que les médecins répondent aux besoins du système public.