Prioriser le désarmement nucléaire
Les pétitionnaires demandent que le Canada privilégie le désarmement nucléaire, dirige l'action de l'OTAN et internationale, et exige que les États nucléaires adhèrent au TIAN ou négocient un traité contraignant d'élimination. Le gouvernement répond qu'il favorise le cadre du TNP, l'action par OTAN et G7, soutient la vérification et n'appuie pas le TIAN.
Pourquoi nous signerions cette pétition
- Érige le désarmement en politique officielle, permettant au Canada de promouvoir des mesures concrètes de contrôle et de vérification par la diplomatie et le leadership.
- Exiger un traité contraignant ou l’adhésion au TIAN vise l’élimination totale, s’attaquant à la modernisation et aux pressions de prolifération par un objectif juridique clair.
- Une initiative canadienne visible pourrait catalyser des pourparlers multilatéraux et renforcer la coopération internationale sur la vérification et la réduction des risques.
Pourquoi nous ne signerions pas cette pétition
- Le TIAN est largement incompatible avec les engagements de l’OTAN; pousser l’adhésion pourrait fragiliser la cohésion alliée et la défense collective.
- Un traité contraignant d’élimination sans la participation des États nucléaires risque d’être politiquement irréaliste et difficile à vérifier ou à appliquer.
- Se lancer dans de nouveaux traités pourrait détourner des efforts et des ressources diplomatiques des mesures pragmatiques de vérification et de réduction des risques fondées sur le TNP que le gouvernement poursuit déjà.
Le résumé et les deux séries de raisons sont générés par IA à partir de la pétition et ont le même poids. Les affirmations sont celles des pétitionnaires; consultez le texte officiel pour les détails.
Pétition officielle
Pétition au gouvernement du Canada ATTENDU QUE : 2025 est l’année du 80e anniversaire de commémoration des terribles bombardements atomiques des villes d’Hiroshima et de Nagasaki, qui ont tué ou mutilé des centaines de milliers de civils japonais; neuf États dotés d’armes nucléaires sont en train de développer et de « moderniser » leurs arsenaux nucléaires; au moins six pays non dotés d’armes nucléaires ont exprimé leur intérêt pour l’acquisition d’armes nucléaires; l’architecture du contrôle des armes nucléaires s’est pratiquement désintégrée avec la fin du Plan d’action global commun avec l’Iran, du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire et du Traité « Ciel ouvert » entre les États-Unis et la Russie, et les perspectives peu réjouissantes concernant la reconduction du nouveau Traité START en 2026; il existe un risque de plus en plus grand que des acteurs non étatiques acquièrent des armes nucléaires et/ou la capacité de déclencher un conflit nucléaire par le biais d’une cyberguerre; dans le monde, les tensions entre États dotés d’armes nucléaires sont vives, et « l’horloge de l’Apocalypse », créée en 1947 par des savants atomistes, affiche maintenant minuit moins 89 secondes, c’est-à-dire que l’on n’a jamais été aussi près de la catastrophe depuis 78 ans; en 2010, la Chambre des communes et le Sénat du Canada ont adopté à l’unanimité une motion incitant le gouvernement du Canada à entamer des négociations sur le désarmement nucléaire en vue de conclure une entente et à mettre en œuvre une importante initiative diplomatique canadienne à l’échelle mondiale en appui au désarmement nucléaire; en 2018, le Comité permanent de la défense nationale de la Chambre des communes a présenté une recommandation entérinée par tous les partis invitant le gouvernement du Canada à jouer un rôle de premier plan dans l’OTAN afin d’amorcer de toute urgence les travaux visant à créer un monde exempt d’armes nucléaires. Nous, soussignés, citoyens et résidents du Canada, demandons au gouvernement du Canada : de faire du désarmement nucléaire une priorité de la politique étrangère et de la défense nationale, et d’assumer un rôle de premier plan au sein de l’OTAN ainsi que sur la scène mondiale; de presser tous les pays dotés d’armes nucléaires d’adhérer au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) ou de négocier, de toute urgence, un nouvel instrument juridiquement contraignant qui permettra d’atteindre le même objectif ultime que le TIAN, à savoir l’élimination totale des armes nucléaires.
Réponse du gouvernement
Réponse de la ministre des Affaires étrangères Signé par Rob Oliphant Le Canada est profondément préoccupé par les conséquences humanitaires catastrophiques qui pourraient découler de toute utilisation d’armes nucléaires et, par conséquent, il continue de souscrire à l’objectif mondial d’éliminer les armes nucléaires. Dans un contexte de détérioration de la sécurité internationale dans lequel certains États ont exprimé leur besoin d’acquérir des armes nucléaires pour protéger leur souveraineté tandis que d’autres, comme la Russie, menacent d’en utiliser dans le cadre de leur guerre d’agression, cet objectif est encore plus évident aujourd’hui. Bien que le Canada ait été l’un des principaux contributeurs aux premières recherches atomiques, il a choisi de ne pas développer ni déployer son propre arsenal nucléaire. Il a plutôt œuvré en faveur de l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire tout en veillant à faire respecter les normes les plus élevées de non-prolifération et en promouvant des objectifs de désarmement. Plus récemment, lors de la réunion de la Première Commission, qui s’est tenue dans le cadre de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations Unies en octobre 2025, le Canada a exhorté les États membres à rejeter l’idée selon laquelle le contexte actuel justifie de ralentir ou d’abandonner les efforts de contrôle et de désarmement nucléaires. Au contraire, le Canada a appelé les États membres à agir avec un sentiment d’urgence renouvelé et à redoubler d’efforts. Plus particulièrement, il a continué d’appeler la Russie et les États-Unis à négocier un accord de suivi concernant le nouveau Traité de réduction des armes stratégiques et a recommandé que la Chine fasse partie de tout accord futur. Par conséquent, le Canada continue de croire fermement à l’objectif d’établir un traité de désarmement général et complet, comme l’envisage l’article VI du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, tout en étant également favorable à l’utilisation de la technologie nucléaire à des fins pacifiques par toutes les parties au Traité. Depuis des décennies, le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires constitue un cadre efficace qui guide les efforts diplomatiques du Canada et lui permet de soutenir l’adoption de mesures pratiques qui réduisent les risques nucléaires et font avancer les efforts de désarmement, tout en promouvant des utilisations à des fins pacifiques, conformément aux obligations de non-prolifération. Même si le Canada reconnaît que le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires a été établi en réponse à des préoccupations fondées de certains États au sujet de la lenteur du désarmement nucléaire et qu’il en tient compte, il est également conscient du fait qu’il comporte des limites importantes, en particulier parce qu’aucun État doté d’armes nucléaires n’y a adhéré. Il ne contient également aucune mesure permettant de vérifier la conformité des efforts de désarmement nucléaire. De plus, pour le Canada et les Alliés de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, le traité est, dans une large mesure, incompatible avec les engagements de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, en vertu desquels la dissuasion nucléaire reste un élément central de la défense collective. Le Canada estime que le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires a malheureusement contribué à semer davantage de discorde dans les efforts de non-prolifération réalisés à l’échelle mondiale et qu’il détourne l’attention du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. Le Canada ne considère donc pas le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires comme étant le traité exhaustif et universellement acceptable envisagé dans l’article VI du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. Ainsi, le Canada, en collaboration avec ses Alliés, continuera d’œuvrer en faveur du désarmement dans le cadre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, notamment en appuyant des mesures qui le renforceront, qui favoriseront la vérification et la réduction des risques, et qui permettront de dégager le large consensus international nécessaire à l’élimination durable et irréversible des armes nucléaires, tout en soutenant l’utilisation de la technologie nucléaire à des fins pacifiques par tous les États. En amont de la 11e Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires qui se tiendra en avril 2026, le Canada a contribué de manière importante au processus d’examen du Traité en faisant des déclarations et en élaborant des documents de travail. Avec le Royaume des Pays-Bas, le Canada finance l’élaboration d’un cadre global de surveillance de la mise en œuvre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, ainsi que d’un inventaire sur la transparence en matière d’énergie nucléaire. Le Canada a également participé activement à des groupes interrégionaux – notamment à l’Initiative de Stockholm pour le désarmement nucléaire et à l’Initiative pour la non-prolifération et le désarmement – pour présenter des propositions pragmatiques sur le désarmement, la réduction des risques, la transparence, l’établissement de rapports et d’autres mesures qui recueillent un large soutien parmi les États parties au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. Le Canada collaborera de manière constructive avec tous les partenaires lors de la Conférence d’examen dans le but de réaliser d’importants progrès, de renforcer le processus d’examen et d’accroître le respect des engagements pris dans le cadre du Traité. À cet égard, le Canada a axé ses efforts sur des initiatives permettant de réunir des États dotés d’armes nucléaires et non nucléaires pour faire avancer concrètement le désarmement nucléaire, tout en favorisant l’utilisation à des fins pacifiques et le respect des normes les plus élevées en matière de sûreté et de sécurité nucléaire et de non-prolifération. Ces initiatives comprennent le lancement de négociations attendues depuis longtemps au sujet d’un traité sur l’interdiction de la production de matières fissiles, la promotion de l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires, le renforcement de la capacité mondiale de vérification du désarmement nucléaire, et le renforcement de la capacité en matière de désarmement et de non-prolifération au moyen d’efforts menés dans les domaines de la diversité et de l’inclusion auprès de l’Agence internationale de l’énergie atomique et des Nations Unies ainsi qu’à l’échelle nationale. Le Canada préconise également l’établissement de garanties d'envergure mondiale relativement à l'énergie nucléaire et l’adoption de l’Accord de garanties généralisées de l’Agence internationale de l’énergie atomique comportant un protocole additionnel en tant que norme de vérification relative au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. Le Canada soutient activement l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques par l’entremise du soutien qu’il octroie au Programme de coopération technique de l’Agence internationale de l’énergie atomique et dans le cadre des efforts de coopération nucléaire bilatérale qui permettent de veiller à ce que toutes les exportations nucléaires soient conformes au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et aux obligations relatives à l’utilisation de l’énergie atomique à des fins pacifiques. Dans le cadre de sa présidence du G7 en 2025, le Canada a présidé le Groupe des directeurs du G7 sur la non-prolifération, promouvant l’établissement d’un programme collectif relatif à la transparence, à la coopération et au dialogue. Le groupe a réaffirmé l’engagement des pays du G7 envers l’objectif ultime qui est de créer un monde exempt d’armes nucléaires, ainsi que leur volonté d’instaurer un véritable dialogue permettant de promouvoir la réduction stratégique des risques, le contrôle des armes nucléaires et le désarmement nucléaire. Grâce au Programme de partenariat mondial dirigé par le G7 et au Programme de réduction de la menace liée aux armes du Canada, des fonds importants ont été alloués à des projets visant à lutter contre les menaces terroristes et la prolifération d’armes chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires. Pendant ce temps, dans le cadre de la présidence canadienne du G7, le Groupe sur la sûreté et la sécurité nucléaires du G7 a axé ses efforts sur les plus récentes technologies et les risques connexes qui pourraient nuire à l’utilisation sûre et sécuritaire de l’énergie nucléaire civile. Bien que la voie menant à un monde exempt d’armes nucléaires reste sans doute difficile à tracer, le Canada continuera de jouer un rôle résolument actif pour promouvoir le désarmement nucléaire, notamment dans le cadre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord et du G7, dans le but de parvenir à l’établissement d’un traité sur le désarmement général et complet, comme le mentionne l’article VI du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.