451-01083 · Législature 45
Protection des chrétiens en Afrique
Résumé par IA
Les pétitionnaires demandent au gouvernement du Canada de condamner la persécution des chrétiens au Nigeria, en RDC et au Mozambique, d'exiger protection et poursuite des auteurs et de fournir une aide humanitaire. Le gouvernement répond qu'il condamne ces abus et fournit une aide.
Les résumés par IA décrivent les demandes et les affirmations des pétitionnaires. Consultez le texte officiel pour les détails.
Pétition officielle
Pétition au gouvernement du Canada concernant la persécution des chrétiens en Afrique Nous, soussignés, citoyens et résidents du Canada, attirons l’attention du gouvernement du Canada sur ce qui suit : Attendu que, 1. Des milliers de chrétiens au Nigeria, en République démocratique du Congo, au Mozambique et dans d’autres régions d’Afrique ont été et continuent d’être assassinés ou déplacés par des attaques perpétrées par Boko Haram, la milice ethnique fulani, l’État islamique en Afrique de l’Ouest et d’autres organisations terroristes, pour la simple raison qu’ils sont chrétiens; 2. Selon les rapports de l’Observatoire de la liberté religieuse en Afrique, Open Doors, Genocide Watch et la Société pour les libertés civiles et l’État de droit, entre autres organisations, des communautés chrétiennes entières ont été anéanties, des millions de personnes ont été contraintes de fuir leur foyer, des églises sont régulièrement détruites et des dizaines de milliers de chrétiens ont été assassinés; 3. Rien qu’au Nigeria, on estime que 30 chrétiens sont assassinés chaque jour, tandis que ceux qui survivent ne bénéficient pas d’une protection adéquate et font face à des menaces constantes de violence et de traumatismes. Par conséquent, nous, soussignés, citoyens et résidents du Canada, prions le gouvernement du Canada : 4. De condamner publiquement et sans équivoque la persécution et les violences de masse dont sont victimes les chrétiens au Nigeria, en République démocratique du Congo, au Mozambique et dans toute l’Afrique; 5. D’engager des démarches diplomatiques auprès des gouvernements de ces pays afin de les exhorter à protéger immédiatement et efficacement les chrétiens et à amener les auteurs de violences à rendre des comptes; 6. De collaborer avec des partenaires internationaux afin de protéger les chrétiens et d’amener les auteurs de violences à rendre des comptes; 7. De fournir une aide humanitaire et une aide à la reconstruction aux communautés touchées, notamment par l’intermédiaire d’organisations canadiennes et internationales actives sur le terrain; 8. De veiller à ce que la politique étrangère du Canada continue de défendre et de promouvoir la liberté de conscience et de religion dans le monde entier.
Réponse du gouvernement
Réponse de la ministre des Affaires étrangères Signé par Secrétaire parlementaire Rob Oliphant Le gouvernement du Canada reconnaît que l’insécurité et la violence, qu’elles découlent d’actes terroristes ou criminels, demeurent d’importants défis en Afrique et touchent tous les segments de la population, y compris les chrétiens. La question de la sécurité en Afrique est complexe et marquée par des menaces qui se chevauchent, dont la violence extrémiste, les réseaux de criminalité organisée, la manipulation de l’information, les menaces numériques, la dérive vers l’autoritarisme, le recul de la démocratie, la sécurité climatique et les risques liés à la biosécurité. Dans ce contexte complexe, la violence est enracinée dans divers facteurs, y compris les tensions religieuses et ethniques, la concurrence pour l’accès aux ressources, les facteurs socioéconomiques (tels que les zones de pauvreté extrême) et les problèmes de gouvernance. Le Canada prône une gouvernance inclusive et responsable, le pluralisme et le respect de la diversité dans tous les domaines de la société, tant sur le plan national qu’international. Le gouvernement du Canada condamne sans équivoque toutes les violations des droits de la personne et s’oppose à toute forme de haine, de discrimination et de xénophobie, peu importe où qu’elles se produisent. Il demeure fermement résolu à promouvoir et à protéger les droits de la personne, y compris la liberté de religion ou de conviction. Lors des examens périodiques universels devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, le Canada continue d’exhorter les États, y compris le Nigéria, la République démocratique du Congo et le Mozambique, à traduire en justice les responsables de violations et d’abus des droits de la personne et à assurer la responsabilisation. Lors de l’Examen périodique universel du Nigéria en 2024, le Canada a recommandé que le Nigéria enquête sur les allégations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité qui auraient été commis par l’armée nigériane, Boko Haram et d’autres groupes armés, et de traduire les auteurs en justice. Le Canada a également recommandé au Nigéria d’affecter des ressources humaines et financières aux institutions chargées de la mise en œuvre de la loi de 2015 sur l’interdiction de la violence à l’égard des personnes et de prendre des mesures pour garantir l’indépendance opérationnelle et financière de la Commission nationale des droits de la personne. Lors de l’Examen périodique universel de la République démocratique du Congo en 2019, le Canada a recommandé que la République démocratique du Congo mette en œuvre les mesures nécessaires pour renforcer le respect des droits de la personne, notamment en menant des enquêtes sur les allégations de violations des droits de la personne commises par les forces de l’ordre et en assurant la protection des civils dans les zones de conflit. Lors de l’Examen périodique universel du Mozambique en 2021, le Canada a recommandé que le Mozambique adopte des mesures pour mettre fin aux abus et aux violations des droits de la personne liés à l’insurrection à Cabo Delgado et exige des comptes de la part des responsables, en soulignant que des violations des droits de la personne ont été perpétrées tant du côté des insurgés que de celui des forces de sécurité de l’État. Le Canada a en place une mission d’observation permanente auprès de l’Union africaine, qui s’entretient régulièrement avec les dirigeants de cette organisation continentale sur les opérations de paix, la prévention des conflits et la lutte contre le terrorisme. En avril 2024, l’ambassadeur Bankole Adeoye, commissaire de l’Union africaine chargé des affaires politiques et de la sécurité, a été invité à se rendre à Ottawa pour discuter du maintien de la paix, des partenariats en matière de prévention des conflits, de la médiation, de la diplomatie préventive et de l’observation électorale, ainsi que de la participation inclusive des jeunes et des femmes. Il a également été invité à témoigner devant le Comité sénatorial permanent des affaires étrangères et du commerce international. En mai 2024, le ministre du Développement international a annoncé l’octroi d’une aide de 20 millions de dollars (2024-2029) à la Commission de l’Union africaine, dont 7,5 millions de dollars destinés à soutenir l’Agenda 2063, 2,5 millions de dollars consacrés aux questions de paix et de sécurité, et 10 millions de dollars consacrés à l’éducation ainsi qu’à l’enseignement et à la formation techniques et professionnels. Le gouvernement du Canada mène régulièrement des activités de plaidoyer en matière de droits de la personne par l’entremise de canaux privés, publics et multilatéraux. Au Nigéria, le plaidoyer du Canada comprend un dialogue politique avec le gouvernement nigérian, une collaboration avec des partenaires d’optique commune, des experts et des responsables des Nations Unies, un appui à la société civile, des efforts visant à renforcer les normes internationales ainsi que la publication de déclarations publiques. Le Canada discute également des droits de la personne avec la Commission nationale des droits de la personne du Nigéria et soutient ses efforts de plaidoyer. La ministre des Affaires étrangères du Canada et de hauts responsables ont aussi discuté avec leurs homologues nigérians de la façon de répondre aux enjeux urgents de sécurité. L’ambassade du Canada en République démocratique du Congo collabore régulièrement avec des partenaires multilatéraux et des organisations de la société civile pour faire progresser les droits de la personne. Les préoccupations en matière de droits de la personne sont également soulevées par des voies diplomatiques, dans le cadre de l’approche du Canada visant à soutenir une gouvernance inclusive, les valeurs démocratiques et le respect des droits de la personne en République démocratique du Congo. Le haut-commissariat du Canada au Mozambique entretient un dialogue régulier avec la commission des droits de la personne de ce pays, notamment par l’entremise de parlementaires (par exemple lors de la visite de l’Association parlementaire du Commonwealth du Canada en mars 2025), ce qui permet la tenue de discussions franches sur les défis en matière de droits de la personne et les possibilités de collaboration. Le haut-commissariat finance également des organisations locales œuvrant dans les domaines de la gouvernance et des droits de la personne et collabore avec divers partenaires, par exemple en appuyant une conférence sur l’accès de la communauté des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres, queer/en questionnement et intersexes plus au marché du travail et en travaillant avec le Conseil chrétien du Mozambique sur la tolérance interreligieuse. La politique étrangère du Canada fait la promotion de la liberté de religion ou de conviction à l’échelle internationale et s’attaque aux causes profondes de la violence. Dans le cadre du Plan d’action canadien de luttecontre la haine et de la Stratégie canadienne de lutte contre le racisme, le gouvernement du Canada prend des mesures concrètes pour lutter contre toutes les formes de haine, y compris celles fondées sur la religion ou les convictions. La Stratégie du Canada pour l’Afrique : un partenariat pour une prospérité et une sécurité partagées définit également la collaboration en matière de paix, de sécurité et de droits de la personne, ainsi que la poursuite du partenariat en matière de développement durable, comme deux des cinq domaines stratégiques d’engagement avec les partenaires africains. La dimension paix, sécurité et droits de la personne comprend le soutien aux opérations de paix menées par l’Afrique et aux initiatives de prévention des conflits; la promotion du rôle des femmes et des jeunes dans la paix et la sécurité; le renforcement de la démocratie et des droits de la personne; l’adoption d’une approche canadienne révisée à l’égard du Sahel; ainsi que l’apport d’une aide technique et d’un soutien face à de nombreuses menaces. La dimension du développement durable met l’accent sur la réduction de la pauvreté, le soutien au développement économique, le renforcement du pouvoir des jeunes et l’adaptation au changement climatique. À ce titre, les efforts déployés par le gouvernement du Canada en Afrique reposent sur la conviction que la paix, la sécurité, le développement et les droits de la personne sont étroitement liés. Par l’intermédiaire de ses programmes de paix et de sécurité, de développement et d’aide humanitaire en Afrique, le gouvernement du Canada œuvre à s’attaquer aux causes profondes et aux conséquences de la violence, ainsi qu’à en atténuer les effets globaux sur la population civile. En 2024-2025, l’aide internationale du Canada à l’Afrique, tous canaux confondus, s’est élevée à 3,0 milliards de dollars, dont 127,1 millions de dollars pour le Nigéria, 157,4 millions de dollars pour la République démocratique du Congo et 134,0 millions de dollars pour le Mozambique. Par l’intermédiaire de son Programme d’aide au renforcement des capacités antiterroristes, le Canada fournit actuellement 44,3 millions de dollars pour appuyer 21 projets en Afrique, qui sont mis en œuvre par des partenaires multilatéraux et des organisations de la société civile. Ces initiatives visent à renforcer la sécurité des frontières et des aéroports; à soutenir les efforts communautaires et civils de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent; à accroître les capacités des forces de l’ordre et des forces militaires pour faire face aux menaces terroristes et criminelles; et à améliorer l’assistance en matière de justice pénale et de législation grâce à la prestation de formations, de matériel et de services-conseils. Depuis 2016, le Programme pour la stabilisation et les opérations de paix a soutenu 124 projets dans 29 pays africains, pour une valeur totale de 183,7 millions de dollars. Au Nigéria, ce programme finance actuellement des initiatives mises en œuvre par des partenaires internationaux, multilatéraux et locaux (environ 2 millions de dollars sur deux ans). Ces efforts visent à réduire la circulation des armes légères et de petit calibre dans la région du Nord-Ouest, à soutenir la recherche sur la réintégration des personnes anciennement associées à des groupes armés et à faire progresser la mise en œuvre du programme Femmes, paix et sécurité dans le pays. Depuis 2014, le Canada a alloué 130 millions de dollars en Afrique dans le cadre de son Programme de réduction de la menace liée aux armes, par l’intermédiaire d’organisations multilatérales, d’organisations non gouvernementales internationales et de partenaires locaux chargés de la mise en œuvre. Ce programme vise à renforcer les capacités de prévention, de détection et d’intervention face aux menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires, ainsi qu’à soutenir l’universalisation et la mise en œuvre des traités relatifs à la maîtrise des armements conventionnels. Cela comprend des programmes au Nigéria (9,5 millions de dollars), en République démocratique du Congo (2 millions de dollars) et au Mozambique (1,1 million de dollars) dans le cadre de projets bilatéraux et multinationaux, y compris un soutien récent de 2 millions de dollars aux Centres africains de contrôle et de prévention des maladies pour répondre à l’épidémie d’Ébola en République démocratique du Congo (et en Ouganda) en accélérant la surveillance et en appuyant les mesures de biosécurité. Le gouvernement du Canada reconnaît que certaines conditions aggravent les conditions de sécurité en Afrique. Le programme de développement bilatéral du Canada s’attaque à certaines des causes profondes de l’insécurité et contribue à réduire la pauvreté grâce à des partenariats avec des organisations canadiennes, locales et multilatérales. Au Nigéria, ce programme vise à créer des possibilités d’emploi pour les jeunes et les femmes, à renforcer les systèmes de santé, à renforcer les capacités de gouvernance et à soutenir la résilience des collectivités, tout en répondant aux besoins urgents liés à l’adaptation climatique et aux moyens de subsistance grâce au renforcement de systèmes alimentaires durables et à des formations en agriculture sensible aux chocs. En 2024-2025, le Canada a investi 22,1 millions de dollars dans des programmes de développement bilatéral afin de réduire l’extrême pauvreté, renforcer la résilience communautaire et créer des possibilités d’emploi. En République démocratique du Congo, le programme de développement bilatéral du Canada est axé sur l’égalité des genres et la lutte contre la violence sexuelle et sexiste, la santé, la gouvernance inclusive et la protection de l’enfance. En 2025-2026, le Canada a investi 18,4 millions de dollars dans des programmes de développement bilatéral. Au Mozambique, le programme de développement bilatéral du Canada est axé sur la santé et l’éducation, l’égalité des genres et le soutien aux fondements de processus démocratiques et de services publics plus inclusifs et sensibles aux conflits. En 2024-2025, le Canada a fourni environ 67 millions de dollars dans des programmes de développement bilatéral. Dans la province de Cabo Delgado, le Canada soutient le Fonds des Nations Unies pour l’enfance pour protéger les enfants contre le recrutement par l’État islamique au Mozambique et assurer leur libération et leur réintégration en toute sécurité lorsqu’ils sont associés aux forces et groupes armés. Le Canada appuie également l’Institut Dallaire pour former les Forces armées de défense du Mozambique aux Principes de Vancouver, à la protection de l’enfance et à la prévention des violations graves commises contre les enfants en situation de conflit. En 2025-2026, le Canada a investi 13,8 millions de dollars dans le cadre de son Programme de développement régional pour le Sahel afin de réduire les facteurs de tension grâce à des projets visant à renforcer la résilience des communautés, et de prévenir l’escalade des tensions et la radicalisation par le biais d’initiatives axées sur la cohésion sociale et la stabilisation régionale. L’aide humanitaire du Canada est fournie par l’intermédiaire de partenaires humanitaires expérimentés, tels que les Nations Unies, le Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ainsi que des organisations non gouvernementales. Cette aide comprend la fourniture d’aliments et de services nutritionnels d’urgence, de services essentiels de santé et de protection, d’abris d’urgence, ainsi que de services d’eau, d’assainissement et d’hygiène. En 2024-2025, le Canada a fourni plus de 300 millions de dollars en aide humanitaire pour offrir une assistance vitale urgente aux populations touchées par les crises en Afrique subsaharienne.