Interdire l'élevage d'animaux à fourrure
Les pétitionnaires demandent que le Canada interdise l'élevage d'animaux à fourrure pour toutes les espèces. Le gouvernement répond que le bien‑être animal et les risques zoonotiques sont gérés par les lois provinciales et fédérales, des codes nationaux et des examens fondés sur des preuves.
Pourquoi nous signerions cette pétition
- Supprime les élevages intensifs que les pétitionnaires disent accroître les risques de zoonoses (p. ex. coronavirus, grippe).
- Met fin au confinement extrême qui, selon les pétitionnaires, cause des douleurs et souffrances importantes aux animaux.
- Place le Canada en accord avec d'autres pays et l'opinion publique favorable à l'interdiction d'une industrie de luxe non essentielle.
Pourquoi nous ne signerions pas cette pétition
- Aspects de compétence : les provinces gèrent d'abord le bien‑être animal d'élevage, donc une interdiction fédérale pourrait soulever des défis juridiques et d'application.
- Pourrait nuire aux pratiques culturelles, de subsistance et économiques autochtones que le gouvernement reconnaît liées à la fourrure.
- Des outils existants — réglementation provinciale, codes nationaux et mesures de biosécurité — pourraient atténuer risques et souffrances sans interdiction générale.
Le résumé et les deux séries de raisons sont générés par IA à partir de la pétition et ont le même poids. Les affirmations sont celles des pétitionnaires; consultez le texte officiel pour les détails.
Pétition officielle
Pétition augouvernement du Canada L’élevage d’animaux à fourrure présente un risque pour la santé publique au Canada; Les animaux élevés pour leur fourrure sont porteurs de maladies zoonotiques à haut risque, comme les coronavirus et la grippe; L’élevage intensif et le maintien en captivité d’espèces animales à fourrure augmentent les risques de transmission de maladies zoonotiques entre humains et animaux; La Colombie-Britannique a interdit l’élevage des visons à cause des risques pour la santé publique; Au Canada, des spécialistes des maladies infectieuses considèrent l’élevage des animaux à fourrure comme une pratique dangereuse et ont demandé au gouvernement du Canada qu’il y mette fin; Les conditions de confinement extrême des animaux sauvages dans les fermes d’élevage d’animaux à fourrure sont à la cause de douleurs et de souffrances considérables pour ces animaux; Au Canada, les loups, les lynx roux, les renards, les lynx, les chinchillas et les visons sont des espèces faisant l’objet d’un élevage commercial pour leur fourrure, et le Conseil national pour les soins aux animaux d’élevage n’a élaboré de codes de pratiques que pour l’élevage des visons et des renards; Le gouvernement fédéral a la responsabilité d’interdire que soient infligées des souffrances à des animaux et de protéger la santé publique ainsi que l’environnement; L’élevage industriel d’animaux à fourrure est incompatible avec les valeurs et les traditions de nombreuses Premières Nations; Le Canada est l’un des rares pays où l’élevage d’animaux à fourrure est encore légal et où il existe des fermes d’élevage en activité (alors que plus de 20 pays ont interdit l’élevage d’animaux à fourrure); L’élevage d’animaux pour leur fourrure est une pratique socialement inacceptable qui consiste à commercialiser des animaux sauvages canadiens pour fabriquer des fourrures de luxe non essentielles vendues sur les marchés étrangers; Les sondages d’opinion confirment que la plupart des Canadiens sont massivement en faveur de l’interdiction partout au pays de l’élevage d’animaux à fourrure. Nous soussignés, citoyens du Canada, demandons au gouvernement du Canada d’interdire la pratique de l’élevage d’animaux à fourrure pour toutes les espèces.
Réponse du gouvernement
Réponse du ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire Signé par L'honorable Heath MacDonald, C.P., député Le gouvernement du Canada a à cœur la santé et le bien-être des animaux. Il s’agit d’une responsabilité partagée qui incombe non seulement au gouvernement fédéral, mais aussi aux gouvernements provinciaux et territoriaux, à l’industrie, et à bien d’autres parties. Conformément à la Loi constitutionnelle, les provinces canadiennes sont les premières responsables de la protection du bien-être des animaux, y compris les animaux d'élevage et les animaux de compagnie. Là où elles existent, la portée et le contexte des lois provinciales et territoriales relatives au bien-être des animaux varient. L'interprétation, l'application et l’exécution des lois relève, à juste titre, de leur compétence. À l’échelle fédérale, le Code criminel du Canada interdit à quiconque de provoquer volontairement la souffrance aux animaux, que ce soit par négligence ou en infligeant de la douleur ou des blessures. Le Code criminel est appliqué par les services de police, les sociétés provinciales et territoriales pour la prévention de la cruauté envers les animaux ainsi que les ministères provinciaux et territoriaux de l'agriculture. En outre, les exploitations d'élevage d'animaux à fourrure doivent se conformer aux exigences relatives aux permis et à la réglementation des provinces et territoires, y compris les protocoles de biosécurité et les normes relatives au bien-être des animaux. Par exemple, la loi sur la santé des animaux de la Colombie-Britannique régit les activités d'élevage d'animaux à fourrure, et d'autres provinces disposent de cadres similaires. Bien que les espèces élevées pour leur fourrure, comme le vison et le renard, aient démontré une sensibilité aux maladies zoonotiques telles que le SRAS-CoV-2 et la grippe aviaire A (H5N1), il est important de replacer ce risque dans le contexte plus large de la production animale. Selon certaines études, environ 75 % des maladies infectieuses émergentes sont des zoonoses, et les problèmes liés à la biosécurité et aux maladies zoonotiques ne sont pas propres aux exploitations d’élevage d'animaux à fourrure puisque de nombreuses autres espèces d’animaux d’élevage peuvent également présenter des risques zoonotiques importants (Cleaveland et coll., 2001; Jones et coll., 2008). À l'échelle mondiale, les systèmes de production de bétail sont confrontés à des risques similaires, et une surveillance intégrée est recommandée pour toutes les espèces. Ces risques peuvent être atténués de plusieurs façons, principalement grâce à de bonnes pratiques en matière de santé animale (p. ex. vaccination; élevage et gestion du bétail appropriés) et de biosécurité. Le gouvernement du Canada reconnaît les préoccupations soulevées pendant la pandémie de COVID-19 en ce qui concerne les maladies zoonotiques et les risques pour la santé publique liés à la transmission de maladies des animaux aux humains. Il convient de noter que la pandémie de COVID-19 a été causée par la transmission du virus entre humains, et non par la propagation du virus entre fermes ou entre animaux et humains. Il n’y a eu que des éclosions limitées du virus dans des exploitations d’élevage de visons, chacune ayant été rapidement maîtrisée en collaboration avec les autorités fédérales et provinciales. Par ailleurs, le comportement et les déplacements des humains ainsi que leurs interactions continuent de contribuer à l’apparition et à la transmission d’infections au SARS-CoV-2 au Canada. Bien que la Colombie-Britannique ait mis en œuvre une interdiction progressive de l’élevage de visons, invoquant des éclosions précises et des risques pour la santé publique, cette décision a été prise à l’échelle provinciale et n’est pas issue d’un consensus national. De plus, cette interdiction était une réaction à la COVID-19 et aux préoccupations spécifiques liées à la transmission entre le vison et l'humain. Encore une fois, il est important de reconnaître que l’agriculture est une compétence partagée entre les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux. À l’échelle fédérale, l’Agence canadienne d'inspection des aliments a élaboré des lignes directrices nationales sur la prévention et l’intervention en cas d’infection par le SRAS-CoV-2 chez les visons d'élevage, lesquelles ont été communiquées aux provinces, aux territoires et à l'industrie afin de protéger la santé humaine et animale. Le Canada, par l’intermédiaire du Conseil national pour les soins aux animaux d'élevage, a établi des codes de pratiques fondés sur des principes scientifiques pour les soins et la manipulation des visons et des renards d'élevage. L'élaboration de chaque code requiert la participation de l’ensemble de la chaîne de valeur, c’est-à-dire des producteurs et des vétérinaires qui s'occupent des animaux d'élevage, des transporteurs, des transformateurs, des détaillants, des gouvernements fédéral et provinciaux ainsi que des organismes de protection des animaux. Ces codes sont continuellement révisés (tous les cinq ans) et renouvelés en fonction des nouvelles avancées en matière de recherche sur le bien-être animal, de l'évolution des attentes sociétales et des technologies novatrices. Ils comprennent des exigences relatives au logement, à la biosécurité, à la gestion de la santé et à l’euthanasie sans cruauté. Bien qu’aucun code visant d’autres espèces à fourrure n'ait encore été élaboré, le processus du Conseil national pour les soins aux animaux d'élevage est en cours et tient compte de l'avis des scientifiques et des intervenants. Le gouvernement du Canada est déterminé à améliorer le bien-être des animaux dans tous les secteurs. Bien que l'élevage d'animaux à fourrure englobe certaines espèces sauvages, des générations de visons et de renards domestiqués ont été élevées au Canada, et les normes de bien-être sont appliquées conformément aux codes du Conseil national pour les soins aux animaux d'élevage et sous la surveillance des provinces. Le gouvernement du Canada continue de soutenir la recherche et l'innovation afin d'améliorer les pratiques relatives au logement, à l’enrichissement du milieu et à la manipulation sans cruauté dans tous les secteurs. Bien que de récents sondages indiquent que de nombreux Canadiens s'opposent à l’élevage d'animaux à fourrure, le gouvernement doit tenir compte d'une série de facteurs lorsqu’il élabore des politiques fondées sur des données probantes. La fourrure a une valeur culturelle, économique et de subsistance pour de nombreuses communautés autochtones, particulièrement dans les régions nordiques et éloignées. Une interdiction générale de pratiquer l’élevage des animaux à fourrure pourrait avoir des répercussions involontaires sur les pratiques traditionnelles et les moyens de subsistance. Le gouvernement du Canada a pris un engagement en faveur de la réconciliation et s’est engagé à tenir des échanges respectueux avec les peuples autochtones dans toutes les décisions politiques. Il doit également concilier les préoccupations éthiques avec les données probantes scientifiques, les répercussions économiques, les cadres juridiques et les perspectives du public et des intervenants. L'élevage d'animaux à fourrure demeure une industrie légale et réglementée selon les cadres existants au Canada, et tout changement sera guidé par des évaluations exhaustives des risques et des consultations avec les intervenants. Le gouvernement du Canada continuera de suivre les avancées en recherche sur les maladies zoonotiques, la science du bien-être animal et les tendances politiques internationales. Il demeure ouvert au dialogue, aux points de vue des intervenants et à l'élaboration de politiques fondées sur des données probantes concernant cette question importante.