L'Ontario accélère les mines, réécrit la loi sur les espèces

Titre complet:
Projet de loi 5, Loi sur la protection de l'Ontario en libérant notre économie, 2025

Résumé#

Le projet de loi 5 est une loi omnibus qui modifie de nombreux domaines liés aux projets de construction, à l'exploitation minière, à l'énergie, à l'archéologie du patrimoine et à la protection des espèces. Son objectif général est d'accélérer le développement économique et de protéger les systèmes minéraux et énergétiques critiques de l'Ontario, tout en créant de nouvelles limites et processus pour la surveillance environnementale et patrimoniale.

Les principaux changements incluent :

  • Les services publics d'énergie et de gaz font face à de nouvelles règles qui peuvent interdire l'achat de biens ou de services en provenance de certains pays ou régions. Le gouvernement et les régulateurs peuvent établir ces limites d'origine, et les poursuites connexes sont largement bloquées.
  • Les approbations minières peuvent être accélérées. Le ministre obtient de nouveaux pouvoirs pour suspendre des systèmes, refuser ou annuler des licences et des revendications (pour protéger la "chaîne d'approvisionnement minéral stratégique nationale"), sans compensation.
  • Une nouvelle Loi sur les zones économiques spéciales permet au gouvernement de nommer des zones, des "proposants de confiance" et des "projets désignés", puis d'exempter ou de modifier d'autres lois et règlements municipaux pour ces projets dans ces zones.
  • La Loi sur les espèces en voie de disparition, 2007 est fortement amendée et sera remplacée par une nouvelle Loi sur la conservation des espèces, 2025 à une date ultérieure. Les décisions d'inscription passent au Cabinet par règlement, "habitat" est défini de manière plus étroite, et un nouveau système de registre/permis régira les activités qui affectent les espèces protégées.
  • Les pouvoirs en archéologie s'élargissent : le ministre peut ordonner des évaluations, les inspecteurs et les enquêteurs obtiennent des outils plus puissants, et le Cabinet peut exempter des propriétés des exigences archéologiques pour faire avancer les priorités provinciales (par exemple, le transport, le logement). Certains artefacts peuvent être déposés auprès des communautés autochtones.
  • La Partie II de la Charte des droits environnementaux (avis/commentaires publics) ne s'appliquera pas aux approbations liées à la réaménagement d'Ontario Place.
  • Certaines approbations d'évaluation environnementale pour la mine proposée de l'Eagle's Nest sont annulées, et certaines activités sur le site de déchets de Chatham-Kent sont exemptées d'une partie de la Loi sur l'évaluation environnementale.

Ce que cela signifie pour vous#

  • Entreprises fournissant le secteur de l'énergie

    • Vous pourriez être interdit de soumissionner ou de contracter avec l'IESO, Ontario Power Generation (et certaines filiales), les transporteurs/distributeurs de gaz, et d'autres entreprises d'énergie agréées si vos biens, services, propriété, contrôle ou main-d'œuvre sont liés à certains pays ou régions établis par règlement.
    • Les processus concurrentiels existants qui ne sont pas encore finalisés pourraient être annulés ou modifiés pour appliquer ces règles d'origine.
    • Les réclamations légales pour perte d'affaires en raison de ces règles sont principalement bloquées (un contrôle judiciaire reste possible).
  • Sociétés minières, prospecteurs et entreprises de services

    • Les approbations peuvent avancer plus rapidement grâce à une "équipe de délivrance d'autorisation et de permis miniers", avec des normes de service établies et des remboursements possibles si les normes ne sont pas respectées.
    • Le ministre peut, sans audience préalable, suspendre des parties du système des terres minières, restreindre les comptes utilisateurs, refuser ou mettre fin aux licences de prospecteur, refuser des baux, et annuler des revendications ou des baux (avec l'approbation du Cabinet) si cela est jugé souhaitable pour protéger la "chaîne d'approvisionnement minéral stratégique nationale". Aucune compensation n'est due pour ces actions.
    • La responsabilité pour les décisions et actions sous ces nouveaux pouvoirs est largement protégée des poursuites (un contrôle judiciaire reste possible).
  • Promoteurs, constructeurs et municipalités

    • Dans les Zones économiques spéciales, le Cabinet peut exempter un "proposant de confiance" ou un "projet désigné" des exigences dans les lois provinciales, les règlements et les règlements municipaux, ou modifier leur application.
    • Pour les approbations liées à Ontario Place, il n'y aura pas d'affichage/commentaire public en vertu de la Partie II de la Charte des droits environnementaux.
    • Le Cabinet peut exempter des propriétés des exigences archéologiques (avec des limites) où cela pourrait faire avancer des priorités provinciales comme le transport ou le logement.
  • Propriétaires fonciers et promoteurs de projets (archéologie)

    • Le ministre peut ordonner qu'aucune perturbation des artefacts ou des preuves d'utilisation humaine passée ne soit effectuée jusqu'à ce que le travail de terrain archéologique sous licence soit effectué et rapporté.
    • Les inspecteurs et les nouveaux enquêteurs ont des pouvoirs d'entrée, de test et de saisie plus larges (pas dans les habitations sans consentement ou mandat). Les artefacts peuvent être dirigés vers des institutions publiques ou déposés auprès d'une communauté autochtone.
  • Praticiens de la conservation, utilisateurs de ressources et intendants des terres

    • Maintenant : la Loi sur les espèces en voie de disparition, 2007 est amendée pour restreindre "l'habitat", permettre des délégations ministérielles, et déplacer l'inscription des espèces au Cabinet par règlement (pas automatique sur avis du comité). Certains outils de planification passés (par exemple, déclarations de réponse gouvernementale, plans de gestion) sont abrogés. De nouveaux ordres (atténuation, contravention) remplacent certains outils antérieurs.
    • Plus tard : la Loi sur la conservation des espèces, 2025 remplacera la Loi de 2007 (à une date fixée par le Cabinet). Elle :
      • Gardera le COSSARO pour évaluer/classer les espèces ; le Cabinet inscrit les espèces par règlement.
      • Interdira les activités susceptibles d'extirper une espèce de la nature en Ontario.
      • Exigera l'enregistrement ou des permis pour des activités définies affectant les espèces inscrites ou leur habitat ; établira un registre public ; et inclura des pénalités significatives.
      • Exclura certains oiseaux migrateurs et espèces aquatiques protégés au niveau fédéral de la plupart de la Loi (le COSSARO peut encore les évaluer).
    • L'effet pratique exact dépendra des règlements futurs (par exemple, quelles activités nécessitent un enregistrement par rapport à des permis, et les conditions).
  • Grand public

    • L'avis public et le commentaire en vertu de la Charte des droits environnementaux ne s'appliqueront pas aux instruments liés au projet Ontario Place.
    • Pour la mine de l'Eagle's Nest, les termes d'évaluation environnementale antérieurs sont annulés (une abrogation propre de cette section aura lieu plus tard par ordre).
    • De nombreuses parties du projet de loi incluent des protections qui limitent les poursuites et les réclamations d'indemnisation contre le gouvernement pour les changements apportés en vertu de cette Loi.
  • Communautés autochtones

    • Les artefacts et matériaux archéologiques peuvent être déposés auprès des communautés autochtones.
    • L'équipe de délivrance de permis miniers peut soutenir les efforts des ministères et des agences pour répondre au devoir de consultation de la Couronne. Le projet de loi ne modifie pas ce devoir constitutionnel.
  • Calendrier

    • La plupart des changements commencent à la sanction royale. Certaines parties (y compris la nouvelle Loi sur la conservation des espèces) commencent plus tard par ordre du Cabinet.

Dépenses#

Aucune information disponible publiquement.

  • Coûts administratifs possibles pour mettre en place et faire fonctionner :
    • le Registre de conservation des espèces,
    • les équipes de délivrance de permis miniers et le suivi des normes de service,
    • la capacité d'inspection et d'enquête ajoutée en vertu des lois sur le patrimoine et les espèces.
  • Remboursements de frais potentiels :
    • Les frais du Registre des activités environnementales et des secteurs (RAES) peuvent être remboursés lorsqu'un enregistrement est supprimé (selon le changement spécifique).
    • Les remboursements de frais de permis liés à l'exploitation minière peuvent se produire si les normes de service (à établir) ne sont pas respectées.
  • Les entreprises et les municipalités pourraient faire face à des coûts de conformité liés à :
    • des ordres d'évaluation archéologique,
    • des conditions d'enregistrement/de permis d'espèces,
    • des règles d'origine d'approvisionnement dans le secteur de l'énergie.
  • Des économies sont possibles grâce à des approbations ou des exemptions rationalisées, mais aucune estimation n'est fournie.

Point de vue des promoteurs#

  • Le projet de loi semble destiné à accélérer la construction de mines et d'infrastructures majeures en coordonnant les permis, en établissant des normes de service et en permettant des exemptions ciblées dans les Zones économiques spéciales.
  • Les nouveaux pouvoirs ministériels en matière minière pourraient être considérés comme une protection des chaînes d'approvisionnement minérales stratégiques de l'Ontario et du Canada.
  • Les limites d'origine d'approvisionnement dans le secteur de l'énergie pourraient être perçues comme une amélioration de la sécurité énergétique et une réduction des risques liés à la chaîne d'approvisionnement liés à certaines juridictions étrangères.
  • Le passage de la protection des espèces à un modèle de registre/permis et la révision de "l'habitat" pourraient être considérés comme un équilibre entre la conservation et les besoins sociaux et économiques, tout en maintenant des pénalités pour les actes nuisibles.
  • L'élargissement des outils archéologiques pourrait être perçu comme une amélioration de la détection et de la protection des artefacts et des sites, avec une flexibilité pour faire avancer des projets publics prioritaires.

Point de vue des opposants#

  • Une préoccupation est la réduction des protections environnementales et des espèces :
    • Le Cabinet décide quelles espèces évaluées sont inscrites ; "l'habitat" est défini de manière plus étroite ; plusieurs outils de planification sont abrogés.
    • La nouvelle Loi exclut de nombreuses espèces d'oiseaux migrateurs et aquatiques protégées au niveau fédéral de la plupart des protections provinciales.
  • Le projet de loi concentre des pouvoirs discrétionnaires significatifs dans les mains du ministre (par exemple, annuler des revendications ou des baux miniers sans compensation), ce qui peut soulever des préoccupations d'équité et de certitude pour les titulaires de revendications et les investisseurs.
  • Les Zones économiques spéciales permettent des exemptions aux lois provinciales et aux règlements municipaux, ce qui peut soulever des questions sur le contrôle local, la transparence et des protections cohérentes.
  • L'entrée du public est réduite là où la Charte des droits environnementaux ne s'applique plus (instruments d'Ontario Place).
  • De larges protections juridiques et des clauses de "pas de compensation" peuvent laisser les parties affectées avec des recours limités pour des contrats perdus ou des intérêts fonciers.
  • Les interdictions d'origine d'approvisionnement pourraient limiter les bassins de fournisseurs et la concurrence, ce qui pourrait affecter les prix ou les délais pour les projets énergétiques, selon la manière dont les règlements sont rédigés.

Votes

Second Reading of Bill 5 concerning enactment of the Special Economic Zones Act, 2025 and related amendments.

Pour (62%)
Contre (38%)