Loi édictant la Loi visant à favoriser l’accès au logement et modifiant diverses dispositions concernant le domaine de l’habitation

Titre complet:
Loi édictant la Loi visant à favoriser l’accès au logement et modifiant diverses dispositions concernant le domaine de l’habitation

Résumé#

Le projet de loi 20 vise à améliorer l’accès à des logements abordables ou à loyer modique au Québec. Il crée notamment un guichet centralisé pour les demandes de location et établit de nouvelles règles pour l’attribution de certains logements.

Les principales mesures sont les suivantes :

  • Création d’un guichet de demandes pour les logements à loyer abordable ou modique.
  • Établissement de listes d’admissibilité et de règles d’appariement entre les locataires et les logements disponibles.
  • Possibilité de contester devant le Tribunal administratif du logement une mauvaise gestion d’une demande ou une attribution jugée injuste.
  • Nouvelles règles pour les locataires de logements abordables, notamment la transmission de renseignements sur les revenus et la composition du ménage.
  • Possibilité pour la Société d’habitation du Québec d’exiger une compensation lorsqu’un ménage n’est plus admissible, sous certaines conditions.
  • Interdiction de sous-louer un logement à loyer abordable.
  • Protection accrue des locataires de logements à loyer modique lors d’une modification de loyer. La Société d’habitation du Québec pourrait agir pour faire fixer le loyer.
  • Ajustements aux règles concernant les logements destinés aux personnes aux études, notamment la preuve d’inscription et de statut d’étudiant à temps plein.
  • Changements aux règles sur le carnet d’entretien et le fonds de prévoyance des copropriétés. Une partie du fonds pourrait être placée à long terme, tout en conservant une portion liquide et disponible rapidement.
  • Nouveaux pouvoirs pour la Société d’habitation du Québec et les offices d’habitation, notamment pour administrer certains immeubles et mener des projets pilotes.
  • Changements au fonctionnement du Tribunal administratif du logement, dont la conciliation obligatoire dans certains dossiers et des mesures contre les procédures abusives.
  • Possibilité de vendre certains immeubles excédentaires de l’État pour les utiliser à des fins d’habitation.

Plusieurs détails importants, dont les seuils de revenu, les catégories de logements et les modalités du guichet, doivent être fixés par règlement.

Ce que cela signifie pour vous#

  • Personnes à la recherche d’un logement abordable ou modique : vous pourriez devoir présenter une demande au guichet désigné et être inscrit sur une ou plusieurs listes d’admissibilité.
  • Locataires de logements abordables : vous devrez fournir régulièrement des renseignements sur les revenus et la composition de votre ménage. Si vos revenus dépassent le seuil prévu, une compensation pourrait être exigée à partir du renouvellement du bail.
  • Locataires qui ne sont plus admissibles : vous pourriez quitter le logement avec un préavis de trois mois. Vous pourriez aussi contester une compensation devant le Tribunal administratif du logement.
  • Locataires de logements à loyer modique : la Société d’habitation du Québec pourrait agir directement pour demander la fixation du loyer après un avis de modification.
  • Personnes aux études : certaines doivent fournir une preuve d’inscription et de statut d’étudiant à temps plein. Un bail pourrait être résilié si ces preuves ne sont pas fournies ou si la personne cesse d’étudier à temps plein.
  • Propriétaires de logements visés par le guichet : ils pourraient devoir y adhérer et attribuer les logements selon les règles établies.
  • Propriétaires d’immeubles reconnus pour des logements étudiants : des règles particulières s’appliqueraient en cas de perte de reconnaissance ou de vente de l’immeuble.
  • Copropriétaires : les règles sur l’entretien de l’immeuble et la gestion du fonds de prévoyance seraient précisées.
  • Personnes devant le Tribunal administratif du logement : une séance de conciliation pourrait être imposée. Le Tribunal pourrait aussi limiter certaines démarches lorsqu’une partie utilise abusivement les procédures.

Coûts#

Aucune information publiquement disponible.

Le projet de loi ne précise pas, dans le texte fourni, les coûts administratifs du guichet, les ressources nécessaires à sa mise en œuvre ni les sommes qui seraient consacrées aux projets pilotes ou à l’administration des immeubles.

Pour les locataires, une compensation pourrait augmenter le montant payé lorsque le ménage dépasse le seuil de revenu prévu par règlement. Le montant exact et les règles de calcul ne sont pas encore indiqués.

Point de vue des partisans#

Les partisans pourraient soutenir que le projet de loi :

  • simplifie les démarches pour trouver un logement abordable ou modique;
  • rend l’attribution des logements plus uniforme et plus transparente;
  • offre un recours aux personnes qui estiment avoir été injustement écartées;
  • protège mieux les locataires contre certaines erreurs dans la fixation des loyers;
  • permet à la Société d’habitation du Québec et aux offices d’habitation d’utiliser davantage d’immeubles pour répondre aux besoins;
  • facilite la création de projets pilotes en habitation;
  • aide à prévenir les abus de procédure au Tribunal administratif du logement;
  • améliore la planification de l’entretien des copropriétés et la gestion de leur fonds de prévoyance.

Point de vue des opposants#

Les opposants pourraient craindre que :

  • le guichet centralisé crée de nouvelles démarches et des délais pour les demandeurs;
  • les règles importantes soient laissées aux règlements, sans être connues au moment de l’adoption de la loi;
  • les compensations imposées aux ménages devenus inadmissibles entraînent une hausse importante du loyer ou la perte du logement;
  • l’interdiction de sous-louer réduise la souplesse des locataires;
  • les exigences de preuve imposées aux personnes aux études rendent leur situation résidentielle plus précaire;
  • la conciliation obligatoire ou les limites imposées aux procédures réduisent l’accès à une audience complète dans certains cas;
  • le placement à long terme d’une partie du fonds de prévoyance augmente les risques financiers pour les copropriétaires;
  • les nouveaux pouvoirs de la Société d’habitation du Québec soient exercés sans suffisamment de contrôle ou de consultation.