Gaspillage alimentaire: objectif 50 pour cent d'ici 2030

Titre complet:
Loi visant à lutter contre le gaspillage alimentaire

Résumé#

Le projet de loi no 392 vise à réduire de 50 % le gaspillage alimentaire au Québec d’ici 2030.

Il obligerait le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation à préparer un plan d’action pluriannuel. Le gouvernement devrait aussi établir des indicateurs pour mesurer les progrès.

Les transformateurs, distributeurs et détaillants de produits alimentaires devraient entreprendre des démarches sérieuses pour conclure des ententes avec des organismes reconnus afin de donner ou de gérer leurs produits invendus. Les organismes locaux et régionaux seraient privilégiés pour réduire le transport et faciliter la conservation.

Le ministre pourrait exempter certains commerces, notamment les petits détaillants. Il pourrait aussi exiger une entente avec Recyc-Québec lorsqu’aucune entente n’est conclue avec un organisme reconnu.

Des amendes de 250 $ à 2 000 $ seraient prévues pour les entreprises qui ne respectent pas certaines obligations. En cas de récidive, elles pourraient atteindre de 750 $ à 6 000 $.

La loi entrerait en vigueur six mois après sa sanction. Les entreprises auraient ensuite 18 mois pour se conformer, à partir de la création de la liste des organismes reconnus.

Ce que cela signifie pour vous#

  • Consommateurs et consommatrices : le projet pourrait augmenter la disponibilité d’aliments invendus auprès d’organismes communautaires et réduire la quantité de nourriture jetée.
  • Organismes reconnus : ils pourraient conclure des ententes avec des entreprises pour recevoir ou gérer des produits invendus. Le ministre déterminerait les critères de reconnaissance.
  • Entreprises alimentaires : les transformateurs, distributeurs et détaillants devraient documenter leurs démarches, transmettre certaines ententes et fournir les renseignements demandés par le ministre.
  • Petits détaillants : ils pourraient bénéficier de conditions d’exemption établies par règlement.
  • Gouvernement : le ministre serait responsable de coordonner le plan d’action et de surveiller son application.

Le projet de loi ne précise pas encore les indicateurs de réduction, les critères détaillés pour les organismes reconnus ni les exemptions qui seraient prévues. Ces éléments dépendraient de règlements ultérieurs.

Coûts#

Aucune estimation globale des coûts n’est fournie dans le projet de loi.

Les entreprises pourraient devoir assumer des coûts liés au tri, à l’entreposage, au transport, à la documentation et à la conclusion d’ententes pour leurs produits invendus. Les coûts pourraient être plus importants pour les entreprises qui ne disposent pas déjà de systèmes de récupération alimentaire.

Le gouvernement devrait aussi consacrer des ressources à la préparation du plan d’action, à la collecte de données, à la reconnaissance des organismes et à la surveillance de la conformité.

Les entreprises qui ne respecteraient pas les obligations pourraient recevoir des amendes de 250 $ à 2 000 $. Les amendes seraient de 750 $ à 6 000 $ en cas de récidive.

Point de vue des partisans#

Les partisans pourraient soutenir que le projet de loi :

  • réduit le gaspillage alimentaire et ses effets environnementaux;
  • facilite le don ou la récupération d’aliments encore propres à la consommation;
  • aide les organismes communautaires à obtenir davantage de nourriture;
  • établit une cible claire de réduction de 50 % d’ici 2030;
  • favorise des solutions locales et régionales;
  • incite les entreprises à mieux gérer leurs surplus alimentaires.

Ils pourraient aussi considérer les obligations et les amendes comme des outils nécessaires pour obtenir des résultats mesurables plutôt que de s’en remettre uniquement à la participation volontaire.

Point de vue des opposants#

Les opposants pourraient faire valoir que :

  • les nouvelles obligations administratives pourraient être coûteuses, surtout pour les petites entreprises;
  • les entreprises pourraient avoir de la difficulté à trouver des organismes capables de recevoir, conserver et distribuer les aliments;
  • les règles détaillées ne sont pas encore connues, puisqu’elles seraient établies par règlement;
  • la responsabilité des entreprises pourrait être incertaine lorsque les produits sont périssables ou difficiles à transporter;
  • la cible de réduction de 50 % pourrait être difficile à mesurer ou à atteindre sans financement public et infrastructures suffisantes.

Ils pourraient également demander des précisions sur les coûts pour le gouvernement, les entreprises et les organismes communautaires.