Le projet de loi québécois no 5 vise à accélérer les autorisations pour des projets stratégiques de grande ampleur et d’intérêt collectif.
Pendant cinq ans après la sanction de la loi, le gouvernement pourrait désigner un projet comme « prioritaire et d’envergure nationale ». Il pourrait ensuite délivrer une autorisation unique qui remplacerait plusieurs permis normalement requis, notamment en matière d’environnement, d’aménagement municipal, de mines, de forêts, d’agriculture et de terres publiques.
Un projet pourrait être retenu s’il contribue, par exemple, à l’autonomie énergétique du Québec, à l’exploitation de minéraux critiques, au développement d’infrastructures ou à la création d’emplois importants. Le gouvernement devrait aussi considérer les intérêts des communautés locales et autochtones ainsi que les objectifs de transition énergétique.
Avant une désignation, un avis public devrait être publié pendant au moins 30 jours. Les personnes et les groupes concernés pourraient transmettre leurs commentaires.
L’autorisation unique pourrait être assortie de conditions, de restrictions ou d’interdictions. Le gouvernement pourrait aussi la modifier, la suspendre ou la révoquer. Des travaux préparatoires pourraient être permis avant l’autorisation complète.
Le projet de loi maintient certaines étapes environnementales importantes. Lorsqu’une évaluation environnementale est exigée, elle devrait être terminée avant l’autorisation gouvernementale. Une audience publique du BAPE serait prévue lorsque l’étude d’impact est jugée recevable.
Le gouvernement pourrait toutefois modifier l’application de certaines règles pour accélérer un projet ou permettre des activités qui ne peuvent respecter les normes existantes. Plusieurs lois fondamentales ne pourraient pas être ajoutées à l’annexe permettant ces modifications, dont la Charte des droits et libertés, la Charte de la langue française, la Loi sur les normes du travail et la Loi sur les contrats des organismes publics.
Le projet prévoit aussi la publication de renseignements sur les projets, comme les échéanciers, les conditions d’autorisation et l’état annuel de leur avancement. Certains secrets industriels ou commerciaux pourraient toutefois demeurer confidentiels.
Le projet de loi ne fournit pas d’estimation générale des coûts pour le gouvernement, les municipalités, les promoteurs ou les citoyens.
Les promoteurs devraient payer les droits et les frais normalement exigibles pour les permis remplacés par l’autorisation unique. Le gouvernement pourrait aussi établir des droits pour les formalités prévues par la nouvelle loi.
Les coûts liés aux études environnementales, aux garanties financières, aux mesures d’atténuation, à la réhabilitation des terrains et au respect des conditions imposées resteraient, en principe, à la charge du promoteur.
Aucune information publiquement disponible. concernant les économies attendues ou les coûts administratifs précis pour les organismes publics et les municipalités.
Les partisans pourraient soutenir que le projet :
Le gouvernement pourrait aussi faire valoir que les projets doivent être plausibles, d’intérêt collectif et compatibles avec les objectifs de transition énergétique.
Les opposants pourraient craindre que le projet :
Ils pourraient également demander davantage de précisions sur les critères de sélection, le contrôle parlementaire et la façon dont les décisions seraient contestées.