Réponse du gouvernementPapier451-00371 · Législature 45

Élargir la gestion du bar rayé

Les pétitionnaires demandent que la ministre autorise une gestion régionale du bar rayé, incluant une évaluation scientifique, des consultations et, au besoin, l’ouverture récréative ou des quotas contrôlés. Le gouvernement répond que le bar rayé est protégé comme espèce en voie de disparition; le COSEPAC réévaluera en 2026 et le Québec gère la pêche récréative.

Pourquoi nous signerions cette pétition

  • Permet des actions ciblées et fondées sur des données—évaluations, mesures locales et prélèvements contrôlés—pour réduire la pression du bar rayé et aider à rétablir les espèces indigènes et commerciales.
  • Soutient les moyens de subsistance des pêcheurs en autorisant des prélèvements locaux contrôlés susceptibles d’améliorer les captures des espèces visées par les permis et de soutenir les communautés côtières.
  • Exige des consultations transparentes et des études scientifiques, renforçant la responsabilité et une gestion régionale adaptée aux conditions écologiques locales.

Pourquoi nous ne signerions pas cette pétition

  • Le bar rayé est protégé comme espèce en voie de disparition; l’ouverture des pêcheries peut être empêchée par les protections actuelles et la réévaluation du COSEPAC.
  • Autoriser davantage de pêche risque de compromettre les gains de conservation à long terme si le rétablissement de la population est incertain ou variable d’une année à l’autre.
  • La gestion relève du Québec et des processus fédéraux de conservation, entraînant des contraintes juridictionnelles et des conflits potentiels lors de la mise en œuvre.

Le résumé et les deux séries de raisons sont générés par IA à partir de la pétition et ont le même poids. Les affirmations sont celles des pétitionnaires; consultez le texte officiel pour les détails.

Pétition officielle

Pétition à la ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne ATTENDU QUE 1. La population de bar rayé dans les eaux de l'est du Québec a connu une croissance marquée au cours des dernières années, entraînant un déséquilibre écologique significatif; 2. Bien que le bar rayé soit une espèce protégée, il s'agit d'un prédateur très efficace qui exerce une forte pression sur d'autres espèces, dont plusieurs sont commercialement importantes ou déjà fragiles; 3. Les pêcheurs commerciaux de ces régions constatent que leurs captures sont désormais dominées par cette espèce, ce qui réduit leur capacité à récolter les espèces pour lesquelles ils détiennent des permis valides, compromettant ainsi la rentabilité économique de leurs activités et menaçant directement leurs moyens de subsistance; 4. Le cadre réglementaire actuel crée une incohérence géographique, puisque la pêche récréative au bar rayé est autorisée en aval, à l'embouchure du fleuve Saint-Laurent, mais demeure interdite en amont, là où la surabondance se fait le plus sentir; 5. Cette situation empêche les communautés touchées de participer activement à la gestion de la population et les prive d'un outil économique et écologique potentiel pour rétablir un certain équilibre; 6. Il en résulte un problème à la fois : écologique, en raison de la perturbation des chaînes alimentaires naturelles et de la perte de biodiversité; et économique et social, puisque la viabilité des petites entreprises de pêche et le patrimoine culturel qui y est lié sont compromis; 7. Les acteurs locaux-pêcheurs, municipalités et observateurs environnementaux-ont à plusieurs reprises tenté d'interpeller Pêches et Océans Canada afin d'obtenir une réponse concrète, mais aucune mesure significative n'a encore été mise en oeuvre. Par conséquent, nous, soussignés, prions respectueusement la ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne de : 1. Reconnaître et traiter sans délai les impacts écologiques et socio-économiques découlant de la surabondance du bar rayé dans les régions touchées; 2. Entreprendre une évaluation scientifique approfondie de la dynamique des populations de bar rayé et de leurs effets sur les espèces indigènes et commerciales dans le haut et le moyen estuaire du fleuve Saint-Laurent; 3. Mettre en oeuvre des mesures de gestion adaptatives et régionales, incluant, le cas échéant, l'élargissement des possibilités de pêche récréative et/ou contrôlée à l'aide de quota, afin de contribuer au rétablissement de l'équilibre écologique; 4. Mener une consultation transparente avec les pêcheurs locaux, les communautés autochtones, les experts scientifiques et les représentants provinciaux afin d'élaborer des stratégies de gestion durables; et 5. Rendre publiques les conclusions et les mesures prévues par le ministère, afin de garantir que la protection du bar rayé soit compatible avec la pérennité des pêches commerciales et la santé des écosystèmes marins.

Réponse du gouvernement

Réponse de la ministre des Pêches Signé par Ernie Klassen La gestion de la pêche récréative au bar rayé est une responsabilité du gouvernement du Québec en vertu du Règlement de pêche du Québec (1990). Pour cette raison, au Québec, le gouvernement du Québec mène la plupart des recherches et suivis pour cette espèce, incluant les études sur le régime alimentaire du bar rayé et son interaction avec les autres espèces. Les questions sur ce sujet devraient être adressées au gouvernement du Québec. Le bar rayé est une espèce qui avait disparu du fleuve Saint-Laurent au début des années 1960, en raison d’activités humaines (dragage et surpêche). Depuis la réintroduction du bar rayé dans le fleuve Saint-Laurent en 2002, la population montre des signes encourageants de rétablissement. Bien que les indices d’abondance indiquent une tendance à la hausse et que des groupes signalent l’observation d’un nombre croissant de poissons, la prudence demeure de mise. Le bar rayé comble ses besoins alimentaires en se déplaçant dans les milieux estuariens ou côtiers, souvent en bancs d’individus de même taille (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada 2012) sur de grandes distances, ce qui explique qu’on peut observer beaucoup localement sans que cela reflète l’état réel de la population. Cependant, étant donné que la production de jeunes bars rayés est variable et imprévisible d’une année à l’autre, il reste incertain que la population puisse soutenir de manière fiable une pêche récréative. Selon le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs,?la population du bar rayé du fleuve Saint-Laurent est en bon état et se serait améliorée depuis la dernière évaluation faite en 2020. Ce constat repose sur la répartition des individus, l’abondance des jeunes de l’année ainsi que la structure de la population (Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs 2025). Des mesures de conservation vigoureuses et soutenues sur plus de 20 ans auront été nécessaires pour rétablir le bar rayé du fleuve Saint-Laurent. Il est donc important de poursuivre les suivis de cette population afin de confirmer qu’elle est bien rétablie et de mettre en œuvre des mesures si son état se détériore (ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs 2025). Depuis, 2019, le bar rayé, population du fleuve Saint-Laurent, est inscrit à la Loi sur les espèces en péril comme étant en voie de disparition et est donc légalement protégé. Ainsi, les pêcheries récréatives et commerciales pour le bar rayé du fleuve Saint-Laurent sont interdites. Ce statut a été établi à la suite de l’évaluation de la population par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada en 2012, un comité indépendant de Pêches et Océans Canada. Le gouvernement fédéral n’a pas le pouvoir de modifier le statut du bar rayé. Une modification de statut légal oblige le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada à réévaluer la population via un nouveau rapport de situation intégrant les informations les plus récentes disponibles. La réévaluation du bar rayé du fleuve Saint-Laurent est prévue au calendrier du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada au printemps 2026. Tant que la réévaluation et le processus de révision du statut par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada ne seront pas complétés, la population actuelle de bar rayé du fleuve Saint-Laurent continuera à être protégée en tant qu’espèce en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en péril et les mesures de protection envers l’espèce et son habitat continueront de s’appliquer. Advenant un changement de statut du bar rayé par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, des consultations seront menées par Pêches et Océans Canada lors du processus d’inscription de l’espèce en vertu de la Loi sur les espèces en péril. Dans le cadre de ces consultations, tous les intervenants (Premières Nations, experts, pêcheurs, parties prenantes et gouvernements provinciaux et fédéraux) seront invités à émettre leurs recommandations. La réévaluation est attendue avec intérêt par Pêches et Océans Canada qui procédera de manière diligente à son analyse dès sa réception. Le cas échéant, les intentions de Pêches et Océans Canada sur un potentiel changement de statut légal seront ensuite rendues publiques et si advenant la levée des protections est requise, au Québec, ce sera au gouvernement du Québec de mettre en œuvre d’éventuelles mesures de gestion adaptatives et régionales, notamment l’ouverture de la pêche récréative et la mise en place de quotas.